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Interpréter les temps verbaux

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Edited By Nelly Flaux, Dejan Stosic and Co Vet

N’arrose pas ton jardin. Dans une heure, il a plu. Cet énoncé, à la fois naturel et paradoxal, montre bien à quel point la description des temps verbaux relève souvent de la gageure: au linguiste, ici, d’expliquer ce qui permet d’utiliser le passé composé pour exprimer un fait du futur. Au linguiste aussi de démêler l’inextricable, chaque forme verbale étant prise dans un réseau de contraintes temporelles, aspectuelles et contextuelles ; d’expliquer les différences entre les systèmes des temps verbaux d’une langue à l’autre ou d’une même langue au cours de son évolution. Cette complexité empirique a forcément des conséquences sur les choix méthodologiques et théoriques à effectuer. Plus un fait de langue est riche et complexe, plus la nécessité de proposer et d’opposer les approches différentes s’impose. Un des objectifs de ce volume est précisément de permettre la confrontation de plusieurs cadres théoriques et de fournir l’occasion d’évaluer leur caractère opératoire sur un certain nombre de données particulièrement récalcitrantes.
Quelques-uns des plus grands spécialistes de la sémantique de la temporalité relèvent, dans ce recueil, certains des défis lancés par la description des temps verbaux de plusieurs langues européennes.

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Alain Rihs Gérondif et participe présent: la simultanéité comme critère discriminant 209

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Gérondif et participe présent: la simultanéité comme critère discriminant1 Alain RIHS, Université de Neuchâtel Introduction Notre objectif est de proposer un critère sémantique qui permette de dis- tinguer entre les formes simples du participe présent (chantant, dormant) et les formes simples du gérondif (en chantant, en dormant).2 Ces deux formes ver- bales ont en effet des emplois très proches si bien qu’elles donnent l’impression, à première vue, de pouvoir être utilisées dans les mêmes con- textes. Nous observons toutefois que leur commutation modifie, sous cer- taines conditions, l’organisation temporelle et logique des événements. L’hypothèse que nous défendons est que le gérondif impose le recouvre- ment temporel des procès, alors que le participe présent n’est pas contraint du point de vue de l’organisation temporelle. 1. Généralités Commençons par donner un aperçu rapide des propriétés sémantiques et syntaxiques des deux formes.3 Le participe présent et le gérondif sont tous les deux des formes non finies du verbe: ils sont indéterminés quant au temps, au mode et à la personne. Ils dépendent ainsi d’une prédication 1 Je tiens à remercier très chaleureusement Louis de Saussure pour son aide précieuse. Les idées défendues ici lui doivent beaucoup. 2 Nous laissons donc ici de côté les formes de l’accompli (ayant chanté, en ayant chanté), qui répondent à notre hypoth...

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