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Koltès maintenant et autres métamorphoses

Actes des colloques de l’université de Caen Basse-Normandie et de Paris-Diderot, Paris 7

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Edited By Yannick Butel, Christophe Bident, Christophe Triau and Arnaud Maïsetti

En France, 2009 aura été « l’année Koltès ». Une année pour rappeler la vitalité et l’actualité d’une œuvre, la fascination qu’elle exerce toujours sur les lecteurs et les metteurs en scène. Les colloques de Caen ( Bernard-Marie Koltès : Démons, Chimères et autres métamorphoses, octobre 2009) et de Paris 7 ( Koltès, maintenant, novembre 2009) ont ainsi été des moments d’échanges et de réflexions sur un théâtre qui n’en finit pas d’interpeller les universitaires, les chercheurs, les praticiens, les acteurs... Revenant sur les textes et leur mise en scène, sur les traductions, sur la correspondance et sur les enjeux que soulève cette écriture poétique et cinématographique, les contributions qui sont rassemblées dans ce livre témoignent de la pluralité des lectures qu’offre l’œuvre de Bernard-Marie Koltès. Regards parfois nouveaux où l’œuvre esthétique et poétique est articulée au mouvement de l’Histoire, à celle aussi que connut Bernard-Marie Koltès.

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Arnaud Maïsetti La Nuit perdue – les fantômes d’un rêve 113

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La Nuit perdue – les fantômes d’un rêve Arnaud Maïsetti L’image-temps directe est le fantôme qui a toujours hanté le cinéma, mais il fallait le cinéma moderne pour donner un corps à ce fantôme. G. Deleuze1 La Nuit perdue est le seul film que Bernard-Marie Koltès a réalisé – en 1973, à 25 ans – comme on réalise un rêve : le cinéma, l’écran, l’image ; rejoindre finalement le geste de ces cinéastes qu’il admirera toute sa vie, davantage peut-être que les dramaturges ou les metteurs en scène de théâtre. Et c’est justement un rêve que Koltès réalise dans La Nuit perdue, qui raconte le songe de Dantale, ses visions, ses désirs, ses cauchemars peuplés de silhouette superbes et inquiétantes. C’est un rêve auquel on assiste, ou plutôt au fantôme d’un rêve : et ce à plusieurs titres. D’abord, parce qu’il s’agit là de la version ciné- matographique de Récits Morts, écrits et représentés quelques mois seulement avant le tournage, le film est hanté par cette pièce, par ce théâtre dont les récits morts ont donné naissance. Ensuite, parce que le cinéma de Koltès dans ce film est lui-même travaillé par une image fantomatique, par un onirisme spectral et spectaculaire. La Nuit perdue, fantômes d’un rêve, donc, – et j’aurais pu ajouter « d’un rêve égaré », puisque, « un rêve égar...

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