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Le Jongleur- Mémoire de l’Image au Moyen Age

Figures, figurations et musicalité dans les manuscrits enluminés (1200-1330)

Martine Clouzot

En couleur et en mouvement, le jongleur joue de la musique parmi les oiseaux, les animaux et les rinceaux fleuris des livres enluminés du Moyen Age. Jamais loin du roi David, il accroche l’œil et éveille l’esprit par son caractère incongru et étonnant. Ce livre est consacré à ses figurations dans les psautiers, les ouvrages de philosophie naturelle et de métaphysique d’Aristote, destinés aux laïcs, dans les royaumes de France et d’Angleterre, entre 1200 et 1330. Il étudie la transformation de la figure du jongleur depuis l’Antiquité jusqu’à sa réinvention par les nouveaux intellectuels du XIII e siècle, soucieux de se distinguer du jongleur : Dominicains, Franciscains et maîtres séculiers de l’Université, ainsi que les poètes et les ménestrels dans les cours et les villes. Savamment, auteurs et concepteurs d’images ont forgé une figure en mouvement de la Physis, du son et de l’ouïe, axée sur la théorie de la connaissance aristotélicienne, transformant ainsi le jongleur en image de mémoire et en mémoire de l’image, celle du Christ et de l’homme créé à l’image de Dieu.

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Conclusion - 305

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305 Conclusion Entre 1200 et 1330, un nouveau jongleur est né. Figure et figuration, il est le produit d’une transformation culturelle des modèles et des tradi- tions antiques et patristiques. Au contact avec les savoirs renouvelés à l’Université en amont et, en aval, les publics laïcs des cours et des villes, théologiens, prédicateurs, poètes et opérateurs d’images ont cons- truit à partir de lui des objets de discours jusque-là inédits. Soucieux de défendre leur place et leur rôle d’intellectuels dans la cité, ils ont in- venté de nouveaux usages de la parole, de l’image et de la mémoire. Leur culture s’inscrit dans la continuité des écoles cathédrales et monastiques des XIe et XIIe siècles. Centrée sur la Bible et les psaumes, les commentaires exégétiques des Pères de l’Eglise, elle est en même temps basée sur les arts libéraux, la philosophie platonicienne, le théâtre gréco-romain, les traités des arts oratoires et de la mémoire antiques, les artes dictaminis, poetriae et praedicandi, les histoires naturelles et la théologie. Saint Augustin, Boèce, Isidore de Séville, pour ne citer qu’eux, ont été à la fois les modèles et les transmetteurs de la culture antique aux auteurs carolingiens, chartrains, victorins et parisiens. Au début du XIIIe siècle, la culture des intellectuels est renouvelée par la rencontre de cette culture scolaire, augustinienne et néoplatonicienne, avec les aristot...

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