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Les Réécrivains

Enjeux transtextuels dans la littérature moderne d’expression française

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Edited By Patrick Bergeron and Marie Carrière

Pratique constante et rPratique constante et récurrente de la création littéraire et, plus généralement, culturelle, la réécriture a, paradoxalement, été peu étudiée en tant que phénomène autonome. Gérard Genette, avec Palimpsestes (1982), est l’un des rares théoriciens contemporains à s’être spécifiquement penché sur les variétés et les fonctionnements des relations transtextuelles que peut entretenir un texte.
Cet ouvrage se propose de cerner les enjeux critiques suscités par les œuvres littéraires dès lors qu’elles s’élaborent comme de nouvelles versions d’œuvres, de mythes ou de discours préexistants. Une perspective ouverte, élargie à une diversité d’auteurs francophones, d’époques variées, offre une contribution significative et novatrice au champ des études littéraires actuelles, tout en faisant le lien entre les théories genettiennes, d’autres méthodologies et les œuvres des écrivains. C’est donc sous l’appellation de « réécrivains » que ce livre propose de réunir un certain nombre d’auteurs francophones chez qui la pratique de la réécriture joue, momentanément ou itérativement, un rôle décisif qu’il est instructif d’élucider.

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Première partieLa réécriture, modes d’emploi

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7Première partie La réécriture, modes d’emploi Assassinat ou mythification d’une héroïne : qui a tué Madame Bovary ? Bertrand BOURGEOIS University of Melbourne En 1982 dans Palimpsestes, l’ouvrage consacré à l’étude de ce qu’il nomme l’« hypertextualité », terme qui est désormais devenu un lieu commun de la critique littéraire, Gérard Genette s’amuse à imaginer au conditionnel différentes réécritures possibles de Madame Bovary de Gustave Flaubert à partir des points de vue d’autres personnages du roman tels que Léon, Charles, Homais ou Bournisien. Il conclut alors, avec la mélancolie de l’érudit qui rêve de livres qu’il n’écrira pas mais qu’il aimerait lire : « je parle au conditionnel, et non sans raison, hélas : la réécriture transfocalisante n’a pas encore été très pratiquée, et les ‹ nouvelles versions › de Bovary ainsi évoquées attendent leurs Pommier- Leleu » (Genette 408). Il faut cependant rassurer Genette dont l’érudition, pourtant vaste, n’est pas infaillible : un recueil de nouvelles publié dans les années 1930, Les Incarnations de Madame Bovary, proposait déjà des textes jouant sur ce principe de « transfocalisation ». Jacques de Lacretelle imaginait par exemple l’histoire racontée depuis le point de vue d’un nouveau personnage, Emmeline, étant, au contraire d’Emma et à l’image de ce suffixe qui l’adoucit, amoureuse d’un Charles totalement idéalisé. En outre, Genette a sans doute stimulé des vocations de réécrivains puis- que d’autres réécritures de Madame Bovary basées sur la transfocalisation ont vu le...

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