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Terminologie (II) : comparaisons, transferts, (in)traductions

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Edited By Jean-Jacques Briu

Lorsqu’il s’agit de traduire des éléments de nomenclatures spécialisées, des unités linguistiques ou les concepts qui y sont attachés, on ne peut faire l’économie d’une analyse multiple du sens. Si les dictionnaires généraux sont impuissants à fournir des traductions utilisables et si les nomenclatures spécialisées sont inadéquates, c’est que le sens des mots est souvent complexe, participant de divers systèmes eux-mêmes complexes et que le travail d’analyse n’a pas été suffisamment développé. Parce que chaque langue est en interrelation nécessaire avec une « culture », réseau hypercomplexe de formes et de valeurs particulières, le problème de la correspondance se manifeste tout autant du côté linguistique dans la traduction ou l’intraduction, que du côté culturel dans la transculturalité.
Les contributions présentées à l’occasion d’un colloque international de terminologie en octobre 2010 à Paris Ouest Nanterre éclairent ces dimensions dans les domaines du droit, de la philosophie, de la presse et de la linguistique. Les études sont menées à partir d’une pluralité de langues : le français, l’allemand, l’espagnol, le latin et le grec, l’arabe et le russe.

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La traduction, métaphore nietzschéenne de la « grande politique » Brigitte KRULIC 21

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La traduction, métaphore nietzschéenne de la « grande politique » Brigitte KRULIC Professeur, Université Paris Ouest Nanterre La Défense CRPM (EA 4418) De son propre aveu, Nietzsche le philologue n’était pas polyglotte1 : en dépit de ses séjours prolongés en Italie et en France, sa maîtrise de l’italien et du français semble avoir été approximative. Sa connais- sance de textes en langue étrangère, littérature, essais, critique litté- raire, reposait souvent sur des traductions allemandes, ou sur des ar- ticles de presse ; on sait qu’à la fin des années 1880, il se flattait de ne jamais lire la presse allemande, à laquelle il préférait les grandes re- vues parisiennes, le Journal des Débats et la Revue des deux mondes au premier chef. On peut légitimement en déduire que Nietzsche avait des capacités de compréhension du français suffisantes pour pouvoir tirer profit de ses lectures. Par ailleurs, sa correspondance manifeste un vif intérêt pour les projets de traductions de ses œuvres. Nietzsche s’est plu à semer ses textes de paradoxes, d’énoncés provocateurs qui, juxtaposés, semblent se contredire : le lecteur est par là-même invité à recentrer ses perspectives et certitudes. C’est ainsi que cet « Allemand malgré lui » jugeait néfaste l’apprentissage des langues étrangères, tout en érigeant en critère de mérite l’aptitude d’une œuvre à être traduite. Nous lisons dans Humain, trop humain 1 qu’apprendre plusieurs langues ruine le...

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