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Comment comprendre la «crise» de l’Etat postcolonial en Afrique?

Un essai d’explication structurelle à partir des cas de l’Angola, du Congo-Brazzaville, du Congo-Kinshasa, du Liberia et du Rwanda

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Moïse Léonard Jamfa Chiadjeu

Comment expliquer que de Dakar à Maputo, l’on ne puisse trouver un seul pays qui souscrive aux conditions élémentaires de définition d’un Etat? Comment comprendre que de Harare à Mogadiscio, l’on ne rencontre que guerres civiles, famine, épidémies, etc.? Comment expliquer la croissance exponentielle du nombre de coups d’Etat en Afrique noire?
Cet ouvrage présente une étude comparée de quatre politiques coloniales en Afrique subsaharienne: portugaise, française, belge et américaine. Prenant pour cas d’étude l’Angola, le Congo-Brazzaville, le Congo-Kinshasa, le Liberia et le Rwanda, partant des conditions obscures de la naissance de l’Etat postcolonial, l’auteur analyse les structures héritées de la colonisation occidentale (l’école, le territoire, la monnaie, la division internationale du travail, etc.), et met en lumière les effets négatifs de cet héritage sur la marche actuelle de l’Etat postcolonial.

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Introduction générale 1

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Introduction générale En avril 1988, les médias alertent l’opinion publique internationale sur un fait majeur: le gouvernement de Guinée-Bissau vient de signer avec deux sociétés de droit britannique un contrat de stockage de 15 millions de ton- nes de déchets toxiques dans les eaux territoriales du pays. Le contrat por- tant sur une durée de 5 ans, est d’une valeur de 600 millions US$, soit 40 US$ la tonne1. Le gouvernement renonce finalement au contrat après les vives protestations de nombreuses ONG de défense des droits de l’Homme et de l’environnement. Autre fait tout aussi digne d’attention: en été 2000, un débat s’ouvre au parlement du Swaziland. Il est question de réfléchir sur le devenir de l’Etat face à un grave problème de santé publique, à savoir, la recrudescence du sida. En effet, la population jeune serait profondément minée par le virus, et plus de la moitié des lits d’hospitalisation seraient occupés par les person- nes infectées2. Parmi les solutions proposées, une retient particulièrement l’attention: la stérilisation de la population infectée (c’est-à-dire plus de la moitié des jeunes!), en vue de prévenir la propagation du fléau. D’un côté, un gouvernement qui transforme le territoire national en dé- potoir de déchets toxiques, ceci pour pouvoir équilibrer son budget; et de l’autre, un parlement qui envisage de stériliser la moitié de sa population jeune pour...

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