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Les Fruits de la passion

Le théâtre de Yasmina Reza

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Hélène Jaccomard

Cette étude est la première du genre à embrasser l’œuvre dramatique de Yasmina Reza dans toute son ampleur. L’ouvrage prend sa pièce à succès, « Art », comme le centre créatif d’où irradient les neuf autres pièces. L’analyse tout à la fois textuelle et sémiologique suit un fil conducteur, le traitement des passions, au premier rang desquelles, naturellement, l’amour, mais également d’autres passions plus paradoxales. L’ouvrage témoigne en effet de l’exploration que ces pièces font du fétichisme contemporain pour les objets, qu’ils soient matériels ou abstraits comme la littérature, les sciences ou la musique. Ce que cette étude met également en lumière, ce sont les innovations formelles qui, sous une plume moins sensible au rythme et aux silences, pourraient passer pour anti-théâtrales, telles que l’aparté, les monologues et les mises en abymes. Ces techniques revivifient un théâtre en alliant des contraires : théâtre de pensée et théâtre d’émotions, comique et tragique. C’est par cette approche qu’on peut expliquer que l’immense succès des pièces de Yasmina Reza ait permis de repousser la crise toujours annoncée du théâtre en France et du théâtre français à l’étranger.

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Chapitre Cinq – Par-delà « Art » 209

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Chapitre cinq Par-delà « Art » Le Dieu du carnage : le gène égoïste et l’amour de l’humanité Signe que désormais la dramaturge commence à s’imposer sur le paysage littéraire, à la parution du Dieu du carnage, nombre de critiques l’ont considéré non comme une entité, mais comme la partie d’un tout, permettant de classifier Yasmina Reza une bonne fois pour toutes sur la base de cette neuvième pièce. De fait, son succès a détrôné « Art » comme œuvre phare et point de référence. Plus que jamais a été débattue la question de savoir s’il s’agissait d’un auteur majeur ou non, d’une simple « boulevardière » (Salino, 2008) ou d’une satiriste accomplie (Billington, 2008). Ce qui frappe dans la réception du Dieu du carnage, c’est une dialectique entre surface et profondeur. Une revue de la réception critique va permettre de faire l’état des lieux à ce sujet. La forme « bourgeoise » de la pièce, la rencontre entre deux couples, les Houllié et les Reille, reprend des formats précédents comme Trois versions de la vie, où deux couples sont mis en présence, s’affrontent plus ou moins violemment l’un l’autre, avec des permuta- tions d’alliances. Le conflit entre les deux couples cède la place aux scènes conjugales, ou aux disputes entre les femmes et les hommes, entre la femme de l’un et le mari de l’autre, et inversement. Reza exhibe derechef son talent pour la scène de m...

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