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Exercices furieux

A partir de l’édition de l’"Orlando furioso</I> De Franceschi (Venise, 1584)

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Edited By Ilaria Andreoli

Les éditions illustrées du Roland furieux ont contribué de façon décisive à faire du poème de l’Arioste un des « grands codes » de l’imaginaire européen du XVI e au XIX e siècle. Parmi elles, celle qu’imprima en 1584 à Venise Francesco De Franceschi marque un tournant dans l’iconographie de l’ Orlando furioso parce qu’il s’agit de la première édition ornée de planches gravées sur cuivre, et non plus sur bois, et parce que son influence se fit sentir bien au-delà du VIX e siècle, et bien au-delà de l’Italie, sur toute l’illustration de la poésie épique.
Les meilleurs spécialistes internationaux de l’Arioste illustré se sont rassemblés en 2011 à l’université de Caen-Basse Normandie pour mettre pour la première fois en pleine lumière l’édition De Franceschi et mieux en comprendre l’importance dans la longue histoire des éditions illustrées du Roland furieux, des premiers graveurs vénitiens jusqu’à Gustave Doré. Le volume issu de leurs travaux constitue une véritable somme, organiquement conçue, qui passionnera tous ceux qui s’intéressent à l’espace visuel du livre illustré.

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Philippe Kaenel: Le Roland Furieux de Gustave Doré (1879) : « illustré à la manière de l’Arioste » 323

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Le Roland Furieux de Gustave Doré (1879) : « illustré à la manière de l’Arioste » Philippe KAENEL L’interprétation visuelle du Roland furieux par Gustave Doré ne cons- titue pas seulement un moment fort dans l’histoire de la réception de l’œuvre de l’Arioste au XIXe siècle. Doré s’impose comme l’illustrateur « idéal » du Roland Furieux, non pas en termes qualita- tifs ou absolus, mais parce qu’à la fin des années 1870, il maîtrise un ensemble de répertoires visuels qui sont les homologues des registres littéraires mis en œuvre par l’Arioste même. La rencontre entre ces deux imaginaires s’inscrit par ailleurs à un moment particulier de la réception littéraire et artistique du Roland Furieux. Or, selon l’étude aussi documentée que datée d’Alexandre Cioranescu en 1939, « le Roland Furieux disparaît de la conscience du public avec le goût déjà périmé du dernier siècle […] ». « Les douces fantaisies de l’Arioste […] n’ont pas la mâle énergie ni la majesté héroïque d’Homère ou de Virgile », poursuit-il, en relevant la mode postrévolutionnaire en fa- veur de héros plus nordiques comme Fingal ou Robin Hood. A ses yeux, « les exploits que raconte l’Arioste sentent trop le conte et la plaisanterie, et n’ont pas cette exaltation des sentiments qui agite l’âme des personnages romantiques ».1 Une telle affirmation n’est pas soutenable, ne serait-ce que parce que le romantisme a valorisé le mélange des genres, le tragi-comique,...

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