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Inventer le pouvoir féminin : Cléopâtre I et Cléopâtre II, reines d’Egypte au IIe s. av. J.-C.

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Anne Bielman Sánchez and Giuseppina Lenzo

Cet ouvrage traite de deux figures royales majeures dans l’histoire du pouvoir en Egypte ptolémaïque : Cléopâtre I qui inaugura le système du règne conjoint avec un partenaire masculin et Cléopâtre II qui participa à six règnes conjoints et fut la première femme à occuper seule le trône d’Egypte, à Alexandrie. L’ensemble des sources disponibles (inscriptions, ostraca et papyrus grecs ou égyptiens, reliefs de temples et statues, monnaies, sources littéraires grecques et romaines) est examiné en respectant la progression chronologique, de 194 à 115 av. J.-C. L’originalité de cette étude réside dans la confrontation systématique des documents d’origines culturelles et linguistiques différentes ; elle cherche ainsi à cerner au mieux la manière dont ces figures royales se présentaient à leurs sujets gréco-macédoniens et indigènes, comment ceux-ci les percevaient et quel fut leur impact sur la scène internationale. Ces reines marquent une étape dans la conception du pouvoir royal féminin, qui influencera celles qui leur succèderont, jusqu’à la célèbre Cléopâtre VII.

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Chapitre premier: Cléopâtre I entre 194 et 177 av. J.-C. : bilan d’une étude antérieure

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Chapitre premier CLÉOPÂTRE I ENTRE 194 ET 177 AV. J.-C. : BILAN D’UNE ÉTUDE ANTÉRIEURE La reine Cléopâtre  I appartient aux figures féminines antiques auxquelles les historiens modernes n’ont pas encore pleinement rendu justice. Cette fille du roi séleucide Antiochos III, mariée jeune au roi lagide Ptolémée V, est pourtant l’auteure, en 180, d’une révolution institutionnelle et politique majeure pour l’Egypte lagide : l’instauration d’un règne conjoint entre un garçonnet et une femme adulte. Nous avons esquissé une réhabilitation du parcours politique de Cléopâtre I dans une étude parue en 2015 dans les Studi ellenistici ¹. Nous repre- nons ici les principales conclusions de cette étude, car elles ont une incidence sur notre analyse des règnes féminins ultérieurs, en particulier celui de Cléopâtre II, la fille de Cléopâtre I. 1. Quelques remarques de terminologie En préambule, l’étude souligne l’inadéquation de certains termes employés par les auteurs modernes en lien avec les royautés hellénistiques, en particulier ceux de « régence », de « régente » et leurs correspondants dans les principales langues européennes. Il nous semble que le recours à ces termes conduit à établir de façon implicite des analogies institutionnelles entre les royaumes hellénistiques et les royaumes occidentaux de la période moderne (xvie–xviiie siècles). Or de telles analogies sont – pour l’essentiel – erronées ; elles ne résistent pas à un examen attentif du...

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