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Willy Brandt et l’unité de l’Europe

De l’objectif de la paix aux solidarités nécessaires

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Andreas Wilkens

Rendre à l’Europe toute sa place dans l’histoire. Telle est la ligne de force qui a marqué l’action politique de Willy Brandt pendant plus de cinquante ans. Selon la vision de l’ancien chancelier de l’Allemagne fédérale, seule la construction de l’unité européenne pouvait assurer la paix, la démocratie et le développement de la qualité de vie. Et sans l’entente fondamentale entre les Européens, ceux-ci n’auraient sans doute plus de prise sur les affaires du monde.
Depuis ses années d’exil en Scandinavie, Willy Brandt avait appris à connaître la diversité des Européens. Pourtant, il n’a jamais douté que le partage d’une certaine part de souveraineté, voire une forme de « gouvernement européen », évoqué dès les années 1970, semblait le mieux à même de préserver les identités et les intérêts essentiels de chacun.
Dans cet ouvrage, des historiens allemands, français, belges, britanniques, luxembourgeois, néerlandais et norvégiens abordent l’action européenne de Willy Brandt dans ses différentes périodes : des conceptions de l’exil et de l’après-guerre à la politique menée au temps de ses responsabilités gouvernementales, de l’engagement pour la démocratie à la réflexion sur une nouvelle architecture européenne au moment de l’effacement de la fracture Est-Ouest.
Le parcours de Willy Brandt illustre ainsi le rôle de l’Allemagne en Europe et les enjeux permanents de la construction européenne.

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Willy Brandt et l’Europe 19 - Egon Bahr

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Willy Brandt et l’Europe1 Egon BAHR « Brandt et l’Europe », voilà un sujet complexe qui, même en Al- lemagne, est insuffisamment mis en lumière. J’apprécie à sa juste valeur qu’il soit abordé ici et je suis reconnaissant de la mission qui m’a été confiée d’éclairer cette page de la politique étrangère de l’ancien chancelier, qu’on ne saurait identifier à sa seule politique à l’égard de l’Europe de l’Est. Willy Brandt achève ses mémoires par ces mots : « Avoir contri- bué à associer le nom de l’Allemagne, l’idée de Paix et la perspective d’une liberté européenne constitue la plus grande satisfaction de ma vie ». Il dresse ce bilan avant la chute du Mur et sans avoir éprouvé la joie profonde de la réunification allemande. Brandt vécut encore l’aboutissement de décennies d’efforts. Sa conclusion exprime tout autant sa propre modestie que sa pensée, où paix, nation et Europe formaient un tout. Qui ne prend pas en compte son expérience et ses origines ne peut comprendre l’attitude et les déclarations de cet homme. Cet enfant naturel qui, en 1933, s’enfuit par la mer en Norvège et fut privé de sa citoyenneté par les nazis, dut gagner sa vie comme jour- naliste, y compris en écrivant, depuis la Catalogne, des reportages sur la guerre civile espagnole. À Paris, il participa avec Heinrich Mann à la création d’un front populaire allemand contre Hitler, et prit le risque de revenir clandestinement à Berlin. Après l’occupation...

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