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Dire la croyance religieuse

Langage, religion et société

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Edited By Benoît Kanabus and Julien Maréchal

Penser l’expression de la croyance religieuse, la saisir en tant qu’acte de parole, expression qui soit conjointement langage et action, tel est l’objectif de cet ouvrage collectif. À travers des contributions issues d’horizons divers mais complémentaires, mobilisant en particulier les ressources de l’anthropologie sociale, de la philosophie du langage et de la phénoménologie radicale, l’ouvrage présente l’acte de dire la croyance religieuse selon ses dimensions constitutives, telles que son adresse, son énonciation ou sa réception. Décrire l’acte de dire la croyance, c’est en effet replacer cet acte face à une réalité qu’il désigne et le réinsérer dans les pratiques d’un locuteur qui l’énonce et d’un interlocuteur qui le reçoit, que ce soit un individu ou une communauté.

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DEUXIÈME PARTIE. L’EFFECTIVITÉ SOCIALE DU LANGAGE RELIGIEUX

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DEUXIÈME PARTIE L’EFFECTIVITÉ SOCIALE DU LANGAGE RELIGIEUX 121 Rite, prière et actes de langage Marcel HÉNAFF University of California, San Diego Uti lingua nuncupassit, ita ius esto1. Depuis le livre séminal de Austin paru en 19622, nous savons mieux ce que signifie l’expression « actes de langage ». Entre-temps d’autres travaux importants ont permis d’amplifier et de préciser l’approche du problème (E. Benveniste, 1964 ; J. Searle, 1969 ; O. Ducrot, 1980 ; Fr. Recanati, 1982). Rappelons que le trait majeur permettant de définir ce type d’acte se résume en ceci : le fait de dire constitue l’acte que l’énoncé désigne. En somme, « dire, c’est faire » comme nous l’a expli- qué Austin. De ce point de vue, le domaine religieux semble abonder en exemples probants. On est en effet dans l’univers du rite où, le plus sou- vent, les paroles prononcées au cours de la cérémonie sont inséparables de l’opération accomplie et constituent parfois le cœur de la procédure. Resterait à savoir si, dans ce domaine, nous pouvons identifier des formes verbales qui seraient des actes de langage et, comme tels, des expressions privilégiées de la croyance. Pour nous Occidentaux, héri- tiers de traditions monothéistes, le mot « croyance » est inséparable de « foi » : ce qui suppose un lien d’engagement de soi dans la proclama- tion de ce qui est cru. « Je crois » – Credo – serait alors l’acte de lan- gage par excellence, le modèle même...

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