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À l’avant-garde !

Art et politique dans les années 1960 et 1970

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Edited By Malika Combes, Igor Contreras Zubillaga and Perin Emel Yavuz

Les années 1960 et 1970 ont vu se développer un art de la contemporanéité faisant interagir l’œuvre d’imagination et l’intelligibilité de la société, souvent dans des actions collectives et interdisciplinaires. Ainsi les mouvements de contestation en faveur d’un nouvel équilibre mondial et sociétal apparaissent-ils comme le pendant politique de l’éclatement des catégories et des pratiques artistiques, et inversement. Ils inscrivent la perception de ces années-là comme celles d’une marche commune de l’avant-garde artistique et de l’avant-garde politique, c’est-à-dire des nouvelles manières d’intervenir dans le champ artistique et de celles qui, dans le champ du pouvoir, s’inscrivent en dehors des voies de la politique classique. Avec pour objet des œuvres issues des avant-gardes artistiques des années 1960 et 1970, les études de cas interdisciplinaires qui composent cet ouvrage reviennent sur ce parallèle afin de le questionner et d’examiner en détail les multiples interpénétrations qui se sont nouées entre art et politique à ce moment historique marqué par de profondes transformations socio-culturelles.

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La musique de La Chinoise. Marginalisation de la musique d’avant-garde dans le discours sur l’art et le politique : Malika COMBES

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79 La musique de La Chinoise Marginalisation de la musique d’avant-garde dans le discours sur l’art et le politique Malika COMBES Doctorante, EHESS-CRAL, Ingénieur de recherche, Université Paris 7-Denis Diderot La Chinoise (1967) de Jean-Luc Godard met en scène un quasi huis- clos entre cinq jeunes personnes qui se constituent en cellule politique. Réunis le temps d’un été dans un appartement, Guillaume, Véronique, Henri, Yvonne et Kirilov tentent d’appliquer les méthodes théoriques et pratiques de la Révolution culturelle chinoise que défendait alors le cinéaste1. Dans ce film, la question du politique posée par Godard regarde autant le contenu que la forme, à l’instar de ce qu’il dira plus tard quand il confiera sa volonté de « faire politiquement des films politiques » : « Qui dit contenu nouveau doit dire formes nouvelles, qui dit formes nouvelles doit dire rapports nouveaux entre contenu et forme2. » La Chinoise est aussi un film dans lequel art et politique interagissent sans cesse. Contre « ceux qui ont repris les formes de l’impérialisme », le film se rapproche de l’idée selon laquelle une révolution du langage – artistique – peut « changer la vie »3. Il se place ainsi sous l’égide du Petit livre rouge de Mao : « Nous exigeons l’unité de la politique et de l’art, l’unité du contenu et de la forme, l’unité du contenu politique 1 Sur Godard et le maoïsme, voir Bourseiller, Christophe, Les Maoïstes. La folle histoire des gardes rouges français, Paris, Points, 2008,...

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