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Représenter le patronat européen

Formes d’organisation patronale et modes d’action européenne

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Edited By Hélène Michel

L’emprise des milieux d’affaires sur le cours de la construction européenne est un fait tellement bien admis qu’il a conduit les observateurs à ne voir dans les organisations patronales que des groupes de pression et à délaisser l’histoire et la sociologie du syndicalisme patronal européen. Or ce syndicalisme patronal, qui plus est européen, ne va pas de soi.
Comment les intérêts patronaux peuvent-ils être représentés et défendus comme « européens » alors qu’ils sont très hétérogènes et qu’ils ne sont pas également affectés par la construction européenne ? Comment des organisations parviennent-elles à faire entendre la voix d’un patronat européen ? Comment cette représentation s’articule-t-elle avec des formes nationales et internationales de représentation ? Comment les représentants patronaux participent-ils à la politique européenne ?
Les neuf chapitres de l’ouvrage collectif répondent à ces questions en étudiant les histoires tout à la fois nationales et européennes d’organisations (Businesseurope, CEEP, UEAPME, CNPF/Medef) et les différentes formes de représentation des entreprises et des patrons européens. L’étude de la genèse et de la structuration d’organisations patronales européennes montre le rôle qu’elles jouent dans l’histoire de la construction européenne et la place qu’elles ont acquises dans le fonctionnement de l’Union européenne.

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CHAPITRE 2. L’espace des organisations patronales européennes aujourd’hui (Sylvain LAURENS)

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45 CHAPITRE 2 L’espace des organisations patronales européennes aujourd’hui Sylvain LAURENS Maître de conférences à l’EHESS, Centre Georg Simmel Ce chapitre se propose de mettre en évidence les logiques qui struc- turent aujourd’hui l’espace de la représentation des intérêts économiques au niveau communautaire. L’entreprise n’est pas aussi simple qu’elle pourrait paraître tant, en ce domaine, les données objectives sont diffi- ciles à collecter. Les business associations européennes ont certes déjà fait l’objet de nombreuses enquêtes quantitatives visant à quantifier leur essor depuis les années 1960. Mais, comme le rappelle le chapitre précé- dent, ces travaux reposent le plus souvent sur une logique comptable des plus simples : il s’agit de repérer dans les annuaires officiels ou profes- sionnels les organisations patronales et de les additionner. Si des débats de méthode ont pu naître autour des façons les plus légitimes de compter les eurogroupes, il est rare que l’exploitation statistique des données existantes ait, de ce fait, mis en œuvre d’autres opérations mathéma- tiques que le tri à plat ou le tri croisé. Or, sur ce sujet comme sur bien d’autres, pour se représenter un es- pace, les comptages et les additions ne suffisent pas. En faisant de chaque organisation patronale une entité isolée, en ajoutant des associa- tions internationales à des associations de fait, en présentant sur le même plan des organisations employant une trentaine de personnes avec des...

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