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Le théâtre mauricien de langue française du XVIIIe au XXe siècle

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Maria Clara Pellegrini

Révélatrice des singularités historiques, comme des contradictions sociales, la production dramatique retient trop peu souvent l’attention des critiques. Tel n’est pas le cas des recherches menées par Maria Clara Pellegrini sur les littératures des îles francophones de l’Océan indien.
Parmi celles-ci, le cas de Maurice est singulier. Non contente de ne pas avoir abrité des populations antérieures au processus colonial, l’île qui portait au XVIII e siècle le nom d’Île de France, passa ensuite sous la tutelle britannique sans que ses élites et une partie de sa population abandonnassent le français.
D’Hortense de Céré-Barbé à Dev Virahsawmy en passant par Malcolm Chazal, deux siècles d’écriture théâtrale sont présentés dans ce livre limpide qui laisse découvrir à son lecteur le lent travail de maturation et de (ré)appropriation de l’héritage français à Maurice.
Un destin original qui confirme la dimension archipélagique de l’histoire de cette langue et de ses littératures.

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Chapitre 5. Théâtre et société (Augustin, Noyau, Napal) et théâtre et politique (Virahsawmy, Asgarally)

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105 CHAPITRE 5 Théâtre et société (Augustin, Noyau, Napal) et théâtre et politique (Virahsawmy, Asgarally) L’accession à l’indépendance en 1968 offre aux intellectuels de l’île l’occasion d’initier un processus et une réforme culturels et linguistiques au sein de la production artistique. Elle peut encourager la promotion de l’identité mauricienne contre les divisions ethniques qui ont caractérisé la réalité insulaire dès sa conquête, comme après l’installation des An- glais (1810) et des Indiens (après 1830). L’histoire du théâtre mauricien brossée par Chelin (1954), et plus ré- cemment par Decotter (1993), démontre que l’activité dramatique mauricienne s’est toujours manifestée comme le phénomène dissocié de deux réalités distinctes (celle de la communauté franco-créole et celle des Anglais), dont la reconnaissance sociale et juridique était formalisée par la constitution de diverses associations théâtrales (essentiellement des amateurs)1 vouées à la diffusion des œuvres et de la culture des deux communautés mauriciennes. La division entre une production francophone représentant l’ethnie franco-créole (les héritiers des premiers Français établis sur l’île et les descendants des unions mixtes entre Blancs et Noirs2) et l’expérience ............................................................. 1 Chelin et Decotter reconnaissent l’un et l’autre comme motif fondateur du théâtre mauricien le refus de la réalité contingente, menacée d’abord par les Anglais, ensuite par les communautés indiennes et chinoises. La constitution des premières sociétés...

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