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Confiance réflexive et institutionnalisme

Des théories libérales du choix rationnel à la gouvernance du fait social monétaire

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Benjamin Six

Les sorties de crise économique se font sans réelle remise en question de l’efficacité du système néo-libéral. Ce dernier bénéficie en effet d’une puissante « confiance du marché », dont l’aspect routinier opère une incapacité institutionnelle de redéfinition démocratique de son programme. Mais la confiance, loin de n’être qu’un instrument de coordination et de stabilisation monétaire, est avant tout la preuve de l’indéfectibilité du lien social et de la primauté de son enjeu non économique. C’est toute la tension entre capitalisation et socialisation qui se donne à voir à travers l’étude de ce phénomène.
Cet ouvrage d’épistémologie politique présente une lecture critique, au travers du prisme de la confiance, du mouvement expansionniste de l’économie politique contemporaine, ainsi que des visions réductrices de l’acteur social et de son rapport aux institutions qu’elle véhicule. Par le biais d’une analyse du paradigme du « capital social », l’auteur décrit, en un premier temps, la façon dont est conçu le geste confiant par les théories de l’action collective établies sur les fondements individualistes du choix rationnel. En mobilisant des réflexions issues de la phénoménologie sociale, du mouvement anti-utilitariste et de l’économie des conventions, le second temps traite du potentiel réflexif offert par le dépassement d’une telle perspective institutionnaliste.

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PREMIÈRE PARTIE: DU JEU DE LA CONFIANCE EN THÉORIE INSTITUTIONNALISTE DU CHOIX RATIONNEL

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PREMIÈRE PARTIE DU JEU DE LA CONFIANCE EN THÉORIE INSTITUTIONNALISTE DU CHOIX RATIONNEL 31 CHAPITRE 1 Le paradigme du capital social Comme point de départ de notre relecture critique du mouvement contemporain de l’économie politique, nous avons porté notre choix sur une théorie particulièrement à la mode du côté anglo-saxon, et qui pos- sède une caractéristique très intéressante dans le cadre de notre problé- matique, à savoir celle d’être érigée autour d’une notion dont les ori- gines sont à la fois économiques et sociologiques : le « capital social ». Ce concept, de par sa constitution reliant ces deux pôles des sciences humaines, et grâce à la tension intrinsèque entre capitalisation et sociali- sation qui l’habite, constitue donc une entrée particulièrement féconde à la question de la place de l’économie dans nos sociétés démocratique- ment avancées et de ses rapports de force, de dépendance ou d’éman- cipation avec l’ordre politique. De plus, l’argument central du para- digme du capital social, celui qui opère le lien entre les sphères sociale, économique et politique, repose sur le phénomène que nous avons choisi comme fil conducteur de notre étude, à savoir la confiance. Le nerf de la réflexion au sein de Making Democracy Work repose sur une simple question : pourquoi certains gouvernements démocra- tiques réussissent-ils là où d’autres échouent ? Robert D. Putnam décrit au départ son...

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