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Confiance réflexive et institutionnalisme

Des théories libérales du choix rationnel à la gouvernance du fait social monétaire

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Benjamin Six

Les sorties de crise économique se font sans réelle remise en question de l’efficacité du système néo-libéral. Ce dernier bénéficie en effet d’une puissante « confiance du marché », dont l’aspect routinier opère une incapacité institutionnelle de redéfinition démocratique de son programme. Mais la confiance, loin de n’être qu’un instrument de coordination et de stabilisation monétaire, est avant tout la preuve de l’indéfectibilité du lien social et de la primauté de son enjeu non économique. C’est toute la tension entre capitalisation et socialisation qui se donne à voir à travers l’étude de ce phénomène.
Cet ouvrage d’épistémologie politique présente une lecture critique, au travers du prisme de la confiance, du mouvement expansionniste de l’économie politique contemporaine, ainsi que des visions réductrices de l’acteur social et de son rapport aux institutions qu’elle véhicule. Par le biais d’une analyse du paradigme du « capital social », l’auteur décrit, en un premier temps, la façon dont est conçu le geste confiant par les théories de l’action collective établies sur les fondements individualistes du choix rationnel. En mobilisant des réflexions issues de la phénoménologie sociale, du mouvement anti-utilitariste et de l’économie des conventions, le second temps traite du potentiel réflexif offert par le dépassement d’une telle perspective institutionnaliste.

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Conclusion

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Au terme de notre parcours, nous avons à présent une vision plus précise du pourquoi des crises économiques, qui marquèrent, et marque- ront encore sans aucun doute, notre époque. Partant de la croyance libé- rale selon laquelle l’équilibre collectif résulte de la défense des intérêts privés, nos économies développées parviennent à naviguer de bulle en bulle en prenant appui sur une puissante « confiance du marché », dont le credo « maintien de la coopération coûte que coûte » finit par évacuer toute forme de remise en question approfondie. Et ce constat est loin d’être rassurant : licenciements par milliers, fermetures d’entreprises, récession et déflation tous azimuts, et des sommes proprement astrono- miques – des centaines de milliards d’euros – injectées par les pouvoirs publics dans le système économique pour, non pas le changer, mais simplement le sauver. Et sans doute seul le cynisme peut-il être de mise quand on songe au fait que sont maintenues les dettes à l’égard des pays du Tiers-Monde, alors que notre dépression économique ne risque pas d’arranger le sort de la moitié de l’humanité qui se partage moins de 1 % de la richesse mondiale1. Nous ne sommes pas passés à côté de la banqueroute comme beaucoup le pensent… Nous avons bel et bien plongé en plein dedans. Notre tolérance à l’égard de ces crises relève de l’exploit tant leurs retombées s’avèrent coûteuses pour la collectivit...

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