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L’édition musicale à Bruxelles au XIXe siècle

L’exemple de la maison Schott frères

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Sandrine Thieffry

Ancrée au carrefour de tout l’univers musical, l’histoire de son activité éditoriale constitue l’indispensable cheville d’articulation d’une mécanique plus globale, qui est celle de l’histoire des idées et de l’histoire du goût. Par l’essence même de son rôle de passeur, l’édition de musique se frotta à peu près à tous les aspects de la res musicae : du phénomène créateur à sa réception sociale, en passant par les filières d’apprentissage, les modes d’interprétation et leurs multiples répercussions. Partant de pareil angle de vue, cet ouvrage met en lumière les relations qu’entretinrent avec le monde de la musique – sur un territoire considéré, celui de la Belgique naissante – les professionnels de l’édition, en particulier les fondateurs de la Maison Schott Frères, dont les archives privées ont été récemment mises au jour. Si d’aucuns ont dénoncé une certaine faiblesse esthétique de la musique belge du XIX e siècle – considération que l’on aura par ailleurs la sage courtoisie de tempérer –, ce qui nous aura intéressé ici, dans la foulée des travaux fondamentaux de Marie Cornaz sur le XVIII e siècle, c’est avant tout le vécu de la musique dans ses traces les plus fondamentales : ce qui motiva ceux qui la créèrent, l’interprétèrent, l’écoutèrent, et surtout la diffusèrent.

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Chapitre I. Du libraire d'Ancien régime à l’éditeur moderne

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37 CHAPITRE I Du libraire d’Ancien régime à l’éditeur moderne On appelait « libraires » sous l’Ancien régime les entrepreneurs qui avaient pour fonction de publier et de diffuser des livres, de sorte que ceux qui ne s’occupaient notamment que d’édition musicale n’étaient pas encore considérés comme des éditeurs au sens moderne1. Un article de Jean-Philippe van Aelbrouck consacré aux « annonces concernant la musique » parues dans les périodiques bruxellois entre 1741 et 17802 suffit à nous convaincre de l’intérêt de cette distinction. On y rencontre pas moins de soixante-seize annonces dont la majorité concerne la vente de musiques imprimées et qui émanent des principaux négociants bruxellois actifs à l’époque : ainsi les sieurs Boucherie, vanden Berghen et van Ypen & Pris se présentent sous diverses formes, se qualifiant de libraires et/ou d’imprimeurs, mais jamais d’éditeurs. Cette définition du libraire empruntée à la fin du XVIIIe siècle établit également la distinc- tion entre le « libraire de fonds » (celui qui vend sa propre production et celle de ses confrères) et le « libraire d’assortiment » (celui qui vend uniquement des livres édités par d’autres). Dans cette double acception, il va sans dire que le libraire spécialisé dans la sphère musicale, celui-là même que l’on nommera bientôt « éditeur de musique », fait partie du premier groupe, le second formant celui des « marchands de musique ». Au vu de ce premier éclairage, nous aurons pu constater la nette distinction qui s’installe entre...

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