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L’édition musicale à Bruxelles au XIXe siècle

L’exemple de la maison Schott frères

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Sandrine Thieffry

Ancrée au carrefour de tout l’univers musical, l’histoire de son activité éditoriale constitue l’indispensable cheville d’articulation d’une mécanique plus globale, qui est celle de l’histoire des idées et de l’histoire du goût. Par l’essence même de son rôle de passeur, l’édition de musique se frotta à peu près à tous les aspects de la res musicae : du phénomène créateur à sa réception sociale, en passant par les filières d’apprentissage, les modes d’interprétation et leurs multiples répercussions. Partant de pareil angle de vue, cet ouvrage met en lumière les relations qu’entretinrent avec le monde de la musique – sur un territoire considéré, celui de la Belgique naissante – les professionnels de l’édition, en particulier les fondateurs de la Maison Schott Frères, dont les archives privées ont été récemment mises au jour. Si d’aucuns ont dénoncé une certaine faiblesse esthétique de la musique belge du XIX e siècle – considération que l’on aura par ailleurs la sage courtoisie de tempérer –, ce qui nous aura intéressé ici, dans la foulée des travaux fondamentaux de Marie Cornaz sur le XVIII e siècle, c’est avant tout le vécu de la musique dans ses traces les plus fondamentales : ce qui motiva ceux qui la créèrent, l’interprétèrent, l’écoutèrent, et surtout la diffusèrent.

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L’évolution de l’édition musicale à Bruxelles au XIXe siècle est tri- butaire de celle des pays voisins, à savoir la France et l’Allemagne, et le commerce international de la musique dans son ensemble subit alors un profond bouleversement qui le fait passer d’une Europe cosmopolite des Lumières à un nouvel âge, celui des nationalités et des États-nations. Dans la mouvance nouvelle des mutations sociales, économiques et culturelles qui traversent l’Europe, les éditeurs du continent vont déve- lopper leurs réseaux de diffusion, constituer des filières et établir des collaborations à travers les frontières. Ces accords concernant l’importation et l’exportation de leur produc- tion ne cesseront de s’amplifier tout au long du siècle1. Par ailleurs, la libéralisation des marchés entraînera l’élaboration de mesures visant à organiser la circulation des marchandises et à combattre les contrefaçons devenues bientôt illégales. La convention franco-belge de 1852 sera ainsi suivie de plusieurs autres, dont le but sera de garantir les droits de propriété réciproques des créateurs et de leurs éditeurs. Dans ce contexte intensément concurrentiel, la France constitue en- core et pour une bonne partie du siècle la référence en matière d’édition musicale. Si le français demeure la langue internationale de la diplomatie et de la culture, si Paris est toujours la capitale intellectuelle du monde civilisé et si la qualité musicale française reste réelle, la libéralisation des marchés aboutit cependant...

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