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Le prix de l’impasse

Christianisme africain et imaginaires politiques

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Kasereka Kavwahirehi

Effondrements et périls suprêmes appellent toujours de grandes reconstructions de sens et d’ordre. Comment concevoir de nouvelles modalités d’un vivre-ensemble humain dans la région des Grands Lacs africains ? Faut-il parler de reconstruction ou de refondation ? Quelles ressources mobiliser ? Que faire pour que les millions de morts deviennent source d’une production politique ? Telles sont les questions que pose ce livre.
L’ingénierie politicienne et l’humanitarisme néolibéral ont montré leur incapacité à promouvoir un projet de relèvement du sujet africain. À la différence de la raison technique, les traditions religieuses contiennent des ressources symboliques d’une force particulière pour faire échec aux forces mortifères de désintégration : réunir l’homme brisé avec lui-même comme avec les autres et le cosmos. Quelles sont dès lors les conditions que doit remplir le christianisme pour jouer un rôle moteur dans la ré-imagination politique de l’Afrique et instituer un nouvel imaginaire social : celui de la sacralité de la vie ?
La démarche interdisciplinaire de l’auteur, qui plonge dans le drame humain de la région des Grands Lacs, ouvre des voies pour des pratiques éthique, théologique, politique et philosophique aptes à permettre une remontée commune en humanité.

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Épilogue

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Au moment de suspendre cette méditation, un passage de la préface de Hannah Arendt à La crise de la culture s’impose à mon esprit : « Je crois que la pensée, comme telle, écrit Hannah Arendt, naît de l’expérience des événements de notre vie et doit leur demeurer liée comme aux seuls repères auxquels elle puisse s’attacher. » C’était là la manière propre à la penseure juive d’indiquer le lien entre la pensée et l’événement, la nécessaire disponibilité devant l’événement qui peut remettre en question nos croyances, nos habitudes, nos traditions, notre cadre de pensée et l’univers de sens que nous partageons avec nos proches. Pour Hannah Arendt, en effet, penser ne signifiait pas simplement se mouvoir dans le déjà pensé, mais recommencer et, précisément, recommencer à l’épreuve de l’événement ; essayer de se comprendre soi- même en cherchant dans le monde même qu’on habite comment une chose comme la banalisation de la mort et donc de la vie a surgi de cette culture dont la vie était la quasi valeur suprême. Il s’agit là d’une attitude de liberté ou de détachement à l’égard des paradigmes dominants, que l’intellectuel africain est appelé à adopter s’il veut entrer dans la dynamique incontournable de ré-invention ou de ré-imagination de nos espaces politiques, sociaux, économiques et culturels hantés par le démon de la violence ou le principe du mal. C’est elle...

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