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Guerre et Paix

Une destinée européenne ?

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Edited By Sylvain Schirmann

Les expériences communes des Européens conduisent-elles à une « européanisation des consciences » ? L’amorce d’un processus de construction européenne au XXe siècle, et notamment après 1945, s’est nourrie d’un narratif mettant en valeur l’apport de ce processus à la paix, au développement socio-économique et à l’enracinement démocratique. Ce narratif est présent dans l’ensemble des discours et décliné à travers des adaptations nationales dans la majeure partie des États membres de l’UE. En panne aujourd’hui, il mérite d’être interrogé. Ne favorise-t-il pas des « mémoires concurrentes », rendent difficile l’émergence de lieux de mémoire européens ? Compte tenu, justement, de certains événements mémoriels : centenaire de la Grande Guerre, soixantième anniversaire du déclenchement de la guerre d’Algérie, conférence de Genève de 1954 qui scelle la fin de la première guerre d’Indochine, échec de la CED en 1954 qui lance le processus de réarmement de l’Allemagne, les auteurs des contributions réunies dans ces actes réfléchissent à la thématique de la destinée européenne, autour de trois axes : les conflits européens (ces « guerres civiles européennes »), les victimes, et les processus de pacification.
Ce volume se veut un hommage rendu à l’œuvre de l’homme qui, dans les murs de sa maison de Scy-Chazelles, a réfléchi à la paix européenne. Il voudrait ainsi permettre le dépassement de cette classique destinée européenne évoquée par le titre de la manifestation.

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La « réconciliation » franco-allemande (Corine Defrance)

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121 La « réconciliation » franco-allemande Lieu de mémoire bilatéral ? – lieu de mémoire européen ? Corine deFranCe Le discours de la « réconciliation franco-allemande » connaît au- jourd’hui un usage inflationniste. Sans doute est-il même en partie galvaudé1. Pour l’essentiel, il a été construit et mis en scène au cours des trois dernières décennies, depuis le geste du président François Mitterrand­et­du­chancelier­Helmut­Kohl­se­tenant­la­main­devant­l’os- suaire de Douaumont (22 septembre 1984). Selon le discours dominant, il prend sa source en 1962/1963 quand le général de Gaulle et le chan- celier Adenauer assistèrent ensemble à un office religieux à la cathé- drale de Reims, puis signèrent le traité de coopération franco-allemande dans le salon Murat du palais de l’Élysée. Aujourd’hui, tant les gou- vernements et les partis politiques que la société civile se réfèrent de manière récurrente à la « réconciliation », la présentant comme le plus beau succès de l’histoire du second XXe siècle et un modèle suscep- tible d’être transféré à d’autres espaces, en Europe, voire au-delà. Le terme est omniprésent dans les médias : ainsi, en 2012, lors du 50e anni- versaire de la rencontre de Gaulle-Adenauer à Reims (8 juillet 1962), le quotidien conservateur Die Welt­titrait­:­«­Merkel­et­Hollande­fêtent­ la réconciliation franco-allemande »2­;­quelques­mois­plus­tard,­pour­la­ 1 Évoquant les relations...

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