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Anna Akhmatova et la poésie européenne

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Edited By Tatiana Victoroff

À partir de la figure centrale d’Anna Akhmatova, emblématique de l’âge d’argent russe, à travers les complexes rapports d’opposition et de filiation que la poésie russe entretient avec l’Europe depuis le début du XIX e siècle, des chercheurs, des poètes, des traducteurs s’interrogent sur l’existence d’une « poésie européenne », unifiée par le regard de celle qui, de son pays à la frontière de deux continents, y est à la fois extérieure et en est très profondément l’héritière. Les notions comparatistes traditionnelles d’analogie, de parenté et d’influence se laissent préciser et affiner au regard d’une œuvre composée comme un immense chœur accordé selon de nouvelles lois et faisant de la parole poétique une source, voire la seule, de l’existence, dépassant peut-être ainsi toute notion de poésie nationale pour toucher à l’universel.
Les contributions de chercheurs comparatistes ou slavisants, français et russes, s’organisent selon plusieurs axes – Akhmatova en dialogue avec les poètes européens ; Akhmatova comme poète européen ; les questions de traduction et de transmission – mais l’ouvrage inclut également les témoignages de poètes et d’intellectuels au sujet de leur rencontre avec Akhmatova ou à travers la lecture de ses vers. Il propose également de nouvelles traductions d’Akhmatova en français. Enfin, des poèmes inédits d’auteurs européens contemporains qui ont composé sous l’inspiration akhmatovienne témoignent de l’écho européen d’une voix contre laquelle la censure s’est acharnée sans l’étouffer et qui reste un surgeon toujours fécond dans la lignée de la poésie la plus existentielle.

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Chapitre VIAkhmatova incognita :poèmes inédits

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chapitre Vi akhmatoVa incognita : poèmes inéDits А Муза и глохла, и слепла в земле истлевала зерном, Чтоб снова, как Феникс из пепла В эфире восстать голубом La Muse a la force d’attendre Muette, engourdie par le gel, Pour naître à nouveau de ses cendres, Voler dans l’espace du ciel 21 février 1957 Trad. d’André Markowicz Nous publions dans cette partie les traductions de poèmes et de fragments que leur éditrice Natalia Iv. Kraineva appelle « Akhmatova cachée ». Ils sont reconstitués par elle à partir des archives de la poète, et nous nous appuyons sur ses commentaires1 pour les notes associées à chaque poème. Ces textes n’ont jamais été publiés du vivant de l’auteur : variantes, coupures par la censure ou fragments conservés uniquement dans la mémoire des amis proches. Ils contiennent des pressentiments étonnants sur sa propre destinée (« Je suis amère… » 1919) comme sur celle de son pays (« Prédiction » 1922), ou, en ce qui concerne le thème de notre recueil, sur son retour en Europe (« Le jour vient. Dernier Jugement – / Rencontre plus amère que séparation »). Ils expriment sa position (« Je suis restée de l’autre côté du miroir. / On n’y voit ni Rome, ni Padoue », 1957) ou son irritation vis-à-vis de la presse occidentale qui reprend le mythe de son « silence » de 30 ans (« L’Occident calomniait et même y croyait… », 1963). Nous y ajoutons des strophes non incluses du « Poème sans Héros », mais qui en donnent des clés de lecture et éclairent son contexte européen. Ces po...

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