Show Less

Concurrences régionales dans un monde multipolaire émergent

Series:

Edited By Sebastian Santander

Cet ouvrage se penche sur le regain d’importance qu’ont pris les organisations régionales dans les relations internationales de l’après-guerre froide marquées, notamment, par l’accélération de la globalisation et de la diffusion du pouvoir mondial. L’ouvrage s’intéresse au rapport des régions à la transformation en cours des équilibres mondiaux et partant au sens qu’elles insufflent à l’ordre international actuel.
Chaque projet régional est porteur à l’extérieur de normes et règles qui lui sont propres, ce qui n’est pas sans produire une concurrence entre groupements. Cette rivalité entre blocs régionaux existe tant au niveau de chaque continent qu’à l’échelle planétaire. Bien que cette concurrence est loin de constituer un phénomène nouveau, elle a pris de l’ampleur avec, notamment, la prolifération de toute une série de méga-blocs régionaux, d’associations transrégionales ou de coopération interrégionale (TTIP, TTP, « une ceinture, une route », Union eurasienne, RCEP, partenariat UE/CELAC, Asem), dont l’objectif premier est de façonner l’ordre mondial en fonction des attentes des acteurs qui les composent.
Il est donc question d’étudier la place et le(s) rôle(s) des groupes régionaux, interrégionaux et transrégionaux émergents dans l’ordonnancement des relations internationales à l’heure de la multipolarisation progressive des affaires mondiales et de la crise de la gouvernance mondiale.

Prices

Show Summary Details
Restricted access

Quelle place pour le régionalisme dans les organisations multilatérales ? (Philippe Vincent)

Extract

21 Quelle place pour le régionalisme dans les organisations multilatérales ? Philippe Vincent Introduction Le fait régional est relativement récent sur la scène internationale. Pendant longtemps, celle-ci fut marquée par un européocentrisme qui distinguait nations « civilisées » et autres1. De régionalisme il n’était guère question à l’époque, puisque les régions extra-européennes (à l’exception notable du continent américain) restaient soumises à des statuts inférieurs. Seule la montée d’un universalisme effectif dans les relations internationales a, paradoxalement, entraîné la prise en considération du fait régional2. Les organisations internationales sont des associations d’États établies par voie conventionnelle, qui poursuivent des objectifs communs au moyen d’organes permanents qui leur sont propres et possèdent une personnalité juridique distincte de celles de leurs États membres3. Elles sont actuellement fort nombreuses, plus de 300 à l’heure actuelle, à comparer avec le nombre de 193 États membres de l’Organisation des Nations unies (ONU). Ces organisations sont extrêmement diverses, tant par le nombre de leurs membres (de quelques-uns à une appartenance quasi universelle) que par leurs fonctions et leur degré d’intégration. Traditionnellement, les organisations internationales sont divisées entre organisations universelles, qui ont vocation à avoir pour membres l’ensemble des États (moyennant parfois le respect de certaines conditions), et les organisations régionales, qui regroupent un nombre restreint 1 On retrouve un avatar de ce distinguo dans l’article 38 du Statut de la Cour internationale de justice, qui mentionne des « principes généraux...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.