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Les guerres balkaniques (1912–1913)

Conflits, enjeux, mémoires

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Edited By Catherine Horel

Les contributions réunies dans cet ouvrage sur les guerres balkaniques se veulent une interrogation sur leur impact international et dans les sociétés concernées, elles questionnent également la mémoire qu’elles y ont laissée et le rôle de celle-ci dans les relations interétatiques.
Les auteurs s’intéressent tout d’abord aux conflits régionaux et aux questions territoriales, à l’expérimentation de la guerre et à la notion de patrie, aux relations entre civils et militaires, aux bandes armées. Un deuxième thème concerne plus particulièrement l’Empire ottoman puis la Turquie à travers l’importance de la Méditerranée, les indépendances successives des pays balkaniques, le devenir des villes ottomanes. La troisième partie renvoie à une tendance actuelle de la recherche qui entreprend de faire l’histoire des interventions internationales et des opérations de paix : l’action de la fondation Carnegie ; la spécificité de la diplomatie balkanique ; l’absence des grandes puissances et la fin du concert européen. Enfin, la quatrième partie traite des mémoires des guerres balkaniques : imagologie, censure et caricature ; les propagandes comparées des belligérants et des grandes puissances ; lieux de mémoire ; pour une écriture commune de l’histoire du conflit.
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Une étude politique et militaire de la défaite rapide des armées ottomanes lors de la Première Guerre balkanique

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Enis TULÇA

Université de Galatasaray, Istanbul

À la veille des guerres balkaniques, la diplomatie de l’Empire ottoman rencontre d’énormes difficultés. La guerre de Lybie (1911-1912) vient de se terminer. L’armée ottomane y a montré d’importantes lacunes. Mais surtout l’administration ottomane commet de graves erreurs en matière de politique intérieure et extérieure. Tout se passe comme si les décideurs étaient inconscients de la situation. En 1912 le Sultan Abdülhamid1 n’est plus au pouvoir. Le palais de Yıldız était toutefois informé depuis 1908 des préparatifs effectués par la Bulgarie en vue d’une guerre et l’on souhaitait que celle-ci, si tant est qu’elle soit inévitable, ait lieu le plus tôt possible avant une alliance probable de la Bulgarie avec la Serbie.

Depuis 1909 l’Empire ottoman n’est pas parvenu à tirer profit des différends existant entre les pays balkaniques. En avril 1909, le nouveau sultan, Mehmet Reşat, frère cadet d’Abdülhamid, bon connaisseur des cultures orientales (notamment de l’Iran), laisse les mains libres aux dirigeants du parti Union et Progrès. Au congrès du Parti tenu en 1909 à Salonique, Mustafa Kemal2 insiste sur deux points : les officiers ne doivent pas intervenir sur la scène politique ; l’armée doit se préparer rapidement pour une guerre proche. Deux premiers ministres se succèdent au moment du déclenchement de la Première Guerre balkanique : Ahmet Muhtar Pacha (1839-1919) qui...

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