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Ville infectée, ville déshumanisée

Reconstructions littéraires françaises et francophones des espaces sociopolitiques, historiques et scientifiques de l’extrême contemporain

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Edited By Sylvie Freyermuth, Jean-François Bonnot and Timo Obergöker

Le programme de recherche Reconstructions littéraires françaises et francophones des espaces sociopolitiques, historiques et scientifiques de l’extrême contemporain a réuni des chercheurs européens dont les travaux, présentés ici, sont entrés en dialogue au sujet de la catégorie de l’espace, en étroite relation avec la géographie, l’histoire, les sciences sociales et politiques, et enfin les sciences cognitives et la cybernétique.
L’espace est soumis aux tensions des difficiles premières années du XXI e siècle (guerres, peurs et fantasmes « terroristes », etc.), de surcroît marquées par une crise économico-financière sans précédent depuis 1929, de telle sorte que les groupes sociaux et les individus s’inscrivent dans des situations très nouvelles dans lesquelles se trouvent réactivés soupçons et défiances à l’égard des institutions politiques et de leurs administrations. Aucun domaine n’est épargné, qu’il s’agisse de l’éducation, de la recherche scientifique ou des activités de diffusion de l’information.
Ce volume explore et analyse la création, essentiellement romanesque, de l’extrême contemporain, où l’espace s’impose avec force, comme en témoigne le rôle rempli par les lieux archétypiques de la « surmodernité » – prisons, usines, périphéries urbaines, voire centrales nucléaires, ensemble de lieux « sans qualités apparentes ». C’est parce que la littérature est à la fois une caisse de résonance des fantasmes et des terreurs et une conscience critique, que ces contributions veulent rendre compte de ce rapport avec l’espace, dont l’humain a lui-même organisé la planétarisation et – paradoxalement – la déshumanisation.
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Le Berlin de François Bon et Jean-Philippe Toussaint : une ville habitée d’Histoire

Références bibliographiques

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Petr DYTRT

Université de Brno

Certaines villes attirent l’attention des écrivains plus que celle des touristes. La ville de Berlin, lourdement marquée par l’Histoire du XXe siècle, paraît être un espace propice à une réflexion littéraire sur la portée symbolique de certains de ses lieux. Tout à la fois représentation d’un espace anthropologique et structure diachronique où s’entassent différentes strates historiques, la ville, dans son aspect spatio-temporel, se prête à une investigation littéraire qui, chez les contemporains, invite à une observation plus détaillée.

Dans cette communication, nous voudrions revenir sur deux textes qui font ressortir certains aspects sociopolitiques et historiques de cette ville : Le Calvaire des chiens1 de François Bon et La Télévision2 de Jean-Philippe Toussaint. Le choix de ces deux romanciers contemporains, dont les deux textes ne sont séparés que par une courte période de sept ans, laisse présager qu’il y a autant de points de convergence entre les deux univers berlinois, dont ils font les coulisses de leur texte, que de différences qui se prêtent à des confrontations intéressantes. Sept ans n’est pas un espace de temps important ; pourtant, il s’avère comme une lacune qui fait que chacun des deux auteurs parle d’une autre réalité, comme si, pendant cette pause, la ville de Berlin avait fait un saut révolutionnaire. En effet, le Mur n’existe plus, du moins matériellement, mais...

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