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La Grande Guerre en musique

Vie et création musicales en France pendant la Première Guerre mondiale

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Edited By Florence Doé de Maindreville and Stéphan Etcharry

Qu’elle permette d’oublier les horreurs vécues, de donner du courage aux soldats et à leur famille, de souder une nation face à l’ennemi, d’accompagner la mémoire des disparus et de réconforter les survivants, la musique a occupé une place importante durant la Grande Guerre. Inscrit dans une dynamique de recherche scientifique, ce livre propose des enquêtes originales sur la vie musicale au front et à l’arrière. Centré sur la création artistique, il apporte des éclairages inédits, notamment sur la façon dont les compositeurs et les interprètes ont vécu leur art dans un moment aussi critique de l’histoire, et soulève de nombreuses questions : quelles sont les motivations des musiciens à poursuivre leur activité dans un contexte aussi dramatique ? La musique est-elle vécue comme engagement offensif ou comme échappatoire ? Comment les musiciens sont-ils perçus au front par les autres soldats ? Comment les compositeurs, à l’avant comme à l’arrière, se positionnent-ils face à la création ? Voici quelques-unes des questions qui traversent ce livre, lequel, au fil des chapitres consacrés tour à tour à des acteurs plus ou moins célèbres du monde artistique, à des œuvres, au problème de l’édition ou encore à la vie culturelle à Paris et en province, trame un panorama musical de cette France en guerre.
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La vie musicale à Angers durant la Première Guerre mondiale

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Denis HUNEAU

LUNAM Université (Université Catholique de l’Ouest)

Un conflit mondial est un cataclysme qui s’abat sur un pays, dont les forces ne sont désormais plus tournées que vers un seul but : remporter la bataille. La vie quotidienne se modifie alors. Les denrées se raréfient et la presse voit à toute vitesse ses titres disparaître, tandis que les publications restantes sont muselées par la censure. Bref, tout citoyen, dont l’artiste, se doit de penser à la patrie. C’est cette période particulièrement troublée, durant laquelle on perçoit combien un pays mobilise l’ensemble de ses énergies pour assurer sa défense et perd ainsi la notion du quotidien « normal », que nous allons étudier ci-après, en prenant l’exemple de la ville d’Angers.

La musique subit, dans cette ville, les mêmes soubresauts que les autres domaines. Si des entreprises techniques, telles qu’une école de gravure musicale, parviennent à poursuivre leur activité, il n’en est pas de même pour les représentations artistiques. Certes, la musique a toujours droit de cité, mais plutôt dans un cadre religieux et catholique, dont Angers est une place forte, et les « concerts » ont désormais pour l’essentiel une visée charitable. La ville bénéficie néanmoins, durant une partie du conflit, de la présence sur son sol d’un musicien – presque – angevin d’origine, l’organiste Jean Huré (1877–1930), qui contribue fortement à l’organisation de concerts de qualité et à la...

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