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Ces Belges qui ont soutenu l’apartheid

Organisations, réseaux et discours

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Isabelle Delvaux

Si plus personne n’ose aujourd’hui défendre l’apartheid jadis pratiqué en Afrique du Sud, ce n’était pas le cas dans les années 1970 et 1980. Nombre de Belges, surtout néerlandophones, ont alors apporté leur soutien à l’Afrique du Sud blanche et à son régime d’apartheid. Avec le recul, un tel phénomène peut surprendre, mais la contextualisation historique permet d’en comprendre les racines et la logique.
Comprendre : tel est l’objectif de ce livre. En s’appuyant sur des sources écrites inédites et des témoignages d’acteurs pro et antiapartheid, ce livre radiographie ce mouvement de soutien. Avec minutie, Isabelle Delvaux y décrit les objectifs, les motivations et les actions des associations belges qui ont milité en faveur d’un statu quo en Afrique du Sud. Elle dresse le profil de leurs membres et, surtout, les raisons qu’ils ont invoquées pour justifier les liens entre la Belgique et l’Afrique du Sud blanche, tout comme le système politique d’apartheid.
Au-delà des actions et idées de ces groupements, ce livre met en évidence plusieurs vecteurs du racisme. L’Histoire telle qu’on la construit et la raconte peut être l’un de ces vecteurs, comme l’illustre la manière dont ces groupements se sont emparés d’une certaine histoire pour justifier leurs actions. Puisse une autre histoire, celle de leur mouvement, contribuer à endiguer les discriminations sans cesse résurgentes.
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Conclusion générale

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En plus d’un soutien officiel, l’Afrique du Sud blanche et son régime ont bénéficié en Belgique d’un soutien non gouvernemental de type associatif, majoritairement flamand. Comme l’écrivaient De Bock, Coeck et Goosens en 1978 dans la conclusion de leur étude sur les relations entre la Belgique et l’Afrique du Sud, «parfois il semble que la Flandre soutiendra jusqu’au dernier souffle l’apartheid et les oppresseurs blancs, qui dans ce cas-ci1 ne parlent pas français mais une sorte de néerlandais2». De fait, durant son demi-siècle d’existence, le régime minoritaire blanc d’Afrique du Sud ne cessa de bénéficier d’un soutien belge, majoritairement flamand.

Il n’empêche qu’au sein de ce mouvement de soutien, nous avons observé d’importantes variations internes. Ainsi avons-nous clairement montré qu’il y avait deux types d’association : les associations «amies de l’Afrique du Sud», d’une part, et les associations de lobbying, d’autre part.

Ces deux types d’association se distinguent sur plusieurs plans. Tout d’abord, elles n’ont pas été créées á la même période, au point que l’on peut parler de deux vagues de création. La première concerne les associations «amies de l’Afrique du Sud» et la seconde les associations de lobbying. La première vague se manifesta á partir du milieu du 20e siècle, durant les première et deuxième phases de la périodisation3 (1948-1960 et 1960-1976), durant lesquelles s’établirent et se consolidèrent les bases de la...

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