Show Less
Restricted access

Documents diplomatiques français

1924 – Tome I (1er janvier – 30 juin)

Series:

Edited By Ministère des Affaires étrangères

Le premier semestre de 1924 est d’abord marqué par la réunion à Paris, janvier à avril, du comité d’experts, chargé de définir un programme d’assainissement financier de l’Allemagne et d’estimer ses capacités de paiement. Pendant cette période, Poincaré redéfinit la politique de la France en tenant compte de l’arrivée au pouvoir du travailliste Mac Donald. Dans le domaine des réparations, son objectif est d’écarter toute remise en cause de l’état de paiement de 1921. Il maintient le principe d’une évacuation progressive de la Ruhr en fonction des paiements allemands, et insiste sur la nécessité de prévoir des sanctions. Dans la question des dettes interalliées, il s’efforce d’exploiter la présence américaine au comité d’experts pour établir une sorte de « co-responsabilité » des Alliés dans les dettes et les réparations. Afin d’éviter l’isolement de la France, il renonce à une politique rhénane active, retire le soutien français à la République autonome du Palatinat, renonce à la création d’une banque d’émission rhénane et à la poursuite au delà de juin de la politique d’exploitation du gage de la Ruhr.
Parallèlement, il relance la question de la sécurité de la France et du contrôle du désarmement allemand. Il obtient des Britanniques le principe d’une inspection générale du désarmement allemand avant la suppression de la Commission interalliée de contrôle militaire et le transfert du contrôle à la Société des Nations.
En Europe centrale et orientale, la France s’efforce de consolider le statu quo territorial et son influence par des traités de garantie avec les pays de la Petite Entente et en favorisant un rapprochement entre la Pologne et les pays baltes. Les restrictions à l’exportation de capitaux limitent cependant les investissements des entreprises françaises en Pologne et en Yougoslavie, où l’Angleterre et l’Italie mènent une politique financière active.
Un autre élément marquant du premier semestre 1924 est la victoire du Cartel des gauches aux élections de mai. Dès son arrivée au pouvoir le 14 juin, Herriot annonce un projet de reconnaissance immédiate de l’URSS et des mesures d’amnistie dans les Territoires rhénans occupés. Il s’entend avec Mac Donald sur une conférence interalliée, suivie d’une conférence avec l’Allemagne, pour l’adoption du plan Dawes. On traitera ensuite la question des dettes interalliées, puis celle de la sécurité dans le cadre de la Société des Nations.
Show Summary Details
Restricted access

246 M. Poincaré, Ministre Des Affaires Étrangères, À M. Herbette, Ambassadeur De France à Bruxelles.

Extract

M. POINCARÉ, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES,

    À M. HERBETTE, AMBASSADEUR DE FRANCE À BRUXELLES.

D. no 842.

Paris, 18 mai 1924.

Guillaume-Luxembourg.

L’ambassadeur de Belgique a fait lire au sous-directeur d’Europe une lettre à lui adressée par M. Hymans en réponse à la communication que le baron de Gaiffier avait envoyée à Bruxelles à la suite de sa dernière entrevue avec M. de Peretti. Le ministre des Affaires étrangères belge s’y déclare fort déçu de voir le gouvernement français rester sur ses positions tant en ce qui concerne la question des tarifs de transit qu’en ce qui concerne la question du préambule de l’accord militaire. Il demande au baron de Gaiffier d’obtenir communication des lettres que m’ont adressées à ce sujet le ministre des Travaux publics et le ministre de la Guerre pour pouvoir étudier les arguments qui y sont présentés à l’appui de la thèse française et chercher une solution transactionnelle.

M. de Lacroix a dit au baron de Gaiffier que vous aviez reçu communication de ces documents et que vous étiez chargé de présenter et d’expliquer à M. Hymans la position que nous étions obligés de conserver. Sur l’insistance de M. de Gaiffier il a toutefois promis de lui remettre les deux notes dont vous trouverez ci-joint la copie : la première exposant la position du gouvernement français sur les conditions économiques, et la seconde, cette...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.