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Vers une Europe latine

Acteurs et enjeux des échanges culturels entre la France et l’Italie fasciste

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Edited By Catherine Fraixe, Lucia Piccioni and Christophe Poupault

L’intensité des échanges culturels entre la France et l’Italie fasciste a longtemps été occultée par les oppositions idéologiques qui ont mené à la Seconde Guerre mondiale. Cet ouvrage collectif, qui retrace les efforts déployés des deux côtés des Alpes pour encourager entre ces deux « nations sœurs » un rapprochement fondé sur une « latinité » partagée, interroge le rôle donné à la culture dans la construction de cette communauté. Il examine comment, dans un contexte de tensions internationales extrêmes, se créèrent de véritables réseaux, aux multiples ramifications, qui, en multipliant les rencontres, les comités, les revues, les expositions et autres manifestations d’une supposée « culture latine », permirent de dessiner un axe Paris-Rome. S’appuyant sur des recherches récentes, il montre que la littérature, les arts visuels, le cinéma se trouvèrent non seulement au cœur des stratégies d’alliance entre la République française et l’Italie de Mussolini, mais aussi, côté français, au centre d’une propagande qui célébra les vertus d’un régime d’ordre à travers l’exemple italien. L’analyse de ces échanges conduit dès lors à réévaluer à la fois l’action des organisations fascistes italiennes en direction des milieux culturels français et celle que développèrent les partisans français de la latinité à des fins de politique intérieure.
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Conclusion

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Catherine FRAIXE et Christophe POUPAULT

« Suite des glorieux accords de Rome, du pacte de l’Europe, du statut de la civilisation ! Ce concile éblouissant des beautés d’Italie nous arrive comme une ambassade chargée du salut de tout un peuple […]. M. Mussolini a fait là quelque chose qui lui ressemble ; il a fait quelque chose de grand. En nous confiant tant de trésors, il nous rappelle l’unité de notre civilisation. »Gillet, L., « L’exposition d’art italien », in La Revue des Deux Mondes, 1er juin 1935, p. 681 et p. 701.

Cet extrait d’un article du futur académicien Louis Gillet, membre de la commission d’histoire de l’art du Comité France-Italie, à propos de l’exposition d’art italien ancien organisée au Petit Palais, à Paris, au printemps 1935 illustre parfaitement l’enthousiasme des partisans d’une alliance franco-italienne concrétisée par les accords de Rome du mois de janvier et dont la latinité fut le catalyseur. L’affirmation de l’existence d’une civilisation commune dont la France et l’Italie seraient les héritières, en même temps que l’éloge de Mussolini qui apparaissait comme le maître du monde latin qu’il régénérait par son action, est caractéristique de ce document et de bien d’autres produits au même moment : la latinité, qui faisait de la France et de l’Italie des nations « sœurs » dont seule la coopération assurerait l’avenir de la « civilisation » et de la culture occidentale, dans ses diverses expressions, joua un...

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