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Entre belgitude et postmodernité

Textes, thèmes et styles

Series:

Marc Quaghebeur and Judyta Zbierska-Moscicka

Un autre livre de cette collection, De la belgitude à la belgité, s’attachait à la fortune critique et au renouvellement foncier que la Belgitude apporta aux études consacrées aux lettres belges francophones. Celui-ci s’attache à la dynamique créatrice elle-même. Il le fait à travers des œuvres qui précèdent, accompagnent ou font suite à ce mouvement de remises en cause et en perspective que fut la Belgitude.
D’Hubert Juin et Henry Bauchau à Pierre Mertens, Thomas Gunzig, Nicole Malinconi, Françoise Mallet-Joris et bien d’autres, le lecteur peut ainsi se colleter à une dynamique littéraire féconde, riche de mille et un jeux d’affirmation/travestissement identitaires. Origine historique et spécificités de ce mouvement sans véritable équivalent européen sont ainsi mises en exergue au travers d’une plongée qui est à la fois celle de la fin de la modernité en Europe et, pour la Belgique, de l’entrée définitive dans le fédéralisme étatique. Le texte éclaire tout autant le perpétuel jeu de rapports belgo-français que l’empreinte du silence d’Auschwitz sur la dynamique de cette génération.
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Les Actes de survie de Jacques Sojcher

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Ewa GRABOWSKA

Université Adam Mickiewicz (Poznań)

Jacques Sojcher est sans nul doute un personnage à part sur la scène littéraire belge. Philosophe, professeur, écrivain, essayiste, critique, père fondateur de la Belgitude1 – et bien d’autres fonctions s’entremêlent en lui pour créer une œuvre difficilement classable mais reconnaissable au premier coup d’œil. Composée de plusieurs essais philosophiques, d’une pièce de théâtre, de réflexions critiques sur la littérature, cette œuvre comporte nombre de textes nés au carrefour de la poésie, de l’essai et de la prose. Ce sont essentiellement des textes à caractère autobiographique – disons plutôt intimes, car ils ne répondent pas entièrement aux critères proposés par Lejeune2. L’auteur lui-même les appelle « bricolages » et ceci semble être l’appellation la plus adéquate pour dire l’étrange inappartenance de ces textes à un genre précis. « Écrire c’est l’acte de survivre dans la bonté du langage »3. Tirée de Essai de n’être pas mort et paraphrasée dans le titre du présent article cette phrase est le noyau autour duquel je voudrais construire ma réflexion sur quelques textes de Jacques Sojcher – à savoir le déjà mentionné Essai de n’être pas mort, aussi bien que ← 147 | 148 → La Mise en quarantaine et Le Rêve de ne pas parler4 – pour étudier cette invention littéraire en forme de « bricolages »5.

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