Show Less
Restricted access

Documents diplomatiques français

1923 – Tome II (1er juillet – 31 décembre)

Series:

Edited By Ministère des Affaires étrangères

Le second semestre de 1923 est dominé par les répercussions de l’occupation de la Ruhr. Face à la Grande-Bretagne qui propose une évaluation de la capacité de paiement de l’Allemagne par un organisme international impartial et l’évacuation de la Ruhr dès l’octroi de garanties, Poincaré réaffirme la position française : maintien de l’état de paiement de 1921, compétence exclusive de la commission des réparations, évacuation progressive de la Ruhr en fonction de paiements effectifs. La condamnation britannique du 11 août et les ouvertures du chancelier Stresemann ne changent rien à sa détermination. Malgré la proclamation de la fin de la résistance passive, fin septembre, il refuse des négociations directes avec l’Allemagne. Espérant sans doute faciliter un règlement définitif des dettes interalliées, Poincaré accepte finalement, fin octobre, la désignation d’un comité d’experts par la commission des réparations. Sa mission doit se limiter à la définition d’un programme d’assainissement financier de l’Allemagne et à l’estimation de sa capacité de paiement jusqu’en 1926, sans toucher au montant global des réparations.
Alors qu’il avait adopté une grande réserve à l’égard du séparatisme rhénan, Poincaré modifie sa position après la proclamation d’une république rhénane à Aix-la-Chapelle, fin octobre. Il fait étudier par Tirard un projet d’État rhénan dans le cadre d’une confédération allemande lâche, sans exclure toutefois « un séparatisme complet », si la population rhénane le souhaite. La nouvelle politique rhénane va de pair avec un durcissement général de sa politique allemande. En Sarre, la France encourage tout ce qui concourt à l’autonomie du territoire et à son détachement de l’Allemagne.
L’action de la diplomatie française dans l’affaire de Corfou et sa prudence sur la question de Fiume contribuent au maintien de bonnes relations avec l’Italie, malgré sa mise à l’écart du règlement de la question de Tanger. En Europe orientale, la France s’efforce de favoriser un rapprochement entre la Pologne et les pays baltes face à l’URSS et à l’Allemagne. Les moyens limités du Trésor et du marché financier français sont un handicap pour la politique française en Europe centrale et orientale. Les projets de contrôle franco-polonais d’entreprises industrielles en Haute-Silésie orientale ne se concrétisent pas, tandis que le parlement français retarde la mise à disposition de crédits à la Yougoslavie et à la Roumanie. Face aux initiatives italiennes et britanniques, la politique française à l’égard de l’URSS fait l’objet de vives discussions au Quai d’Orsay, mais l’idée d’une reconnaissance de jure se heurte à l’hostilité de Millerand.
Show Summary Details
Restricted access

43 M. Poincaré, Ministre des Affaires étrangères, À MM. de Saint-Aulaire, Margerie, Barrère et Jusserand, Ambassadeurs de France à Londres, Berlin, Rome et Washington

Extract

M. POINCARÉ, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES,

    À MM. DE SAINT-AULAIRE, MARGERIE, BARRÈRE ET JUSSERAND,

    AMBASSADEURS DE FRANCE À LONDRES, BERLIN, ROME ET WASHINGTON.

T. s.n.

Paris, 17 juillet 1923.

Entretien de M. Herbette avec M. Jaspar.

J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint, pour votre information strictement confidentielle, la copie d’un rapport par lequel notre ambassadeur à Bruxelles rend compte d’un entretien qu’il a eu avec M. Jaspar sur la question des réparations.

Les Belges n’ont jamais caché qu’ils étaient disposés à réduire la dette allemande à 50 milliards de marks-or environ, dont 30 pour nous, 5 à 6 pour eux, 10 pour permettre aux Anglais de payer les arrérages de leurs dettes aux États-Unis et le reste, pour faire face aux dépenses de reconstruction des pays comme l’Italie, la Serbie, la Roumanie, etc. Quant aux dettes de guerre, comme l’indique M. Herbette, la question leur est indifférente puisque la dette belge est mise par le traité de Versailles à la charge de l’Allemagne.

Les instructions du 28 juin montrent à quel point un tel plan nous est préjudiciable : il ne tient pas compte de l’impossibilité où nous sommes de rien modifier aux décisions de la commission des réparations fixant la dette allemande à 132 milliards : la commission des réparations peut échelonner le paiement de cette dette de manière à soulager plus ou moins son paiement par l’Allemagne, mais nous ne pouvons...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.