Show Less
Restricted access

Les zouaves pontificaux en France, en Belgique et au Québec

La mise en récit d’une expérience historique transnationale (XIXe – XXe siècles)

Series:

Bruno Dumons and Jean-Philippe Warren

Le bataillon des zouaves pontificaux est créé le 1er janvier 1861 et devient régiment au 1 er janvier 1867. Il est constitué d’environ 10 000 volontaires, issus de 25 nationalités différentes, qui seront licenciés le 21 septembre 1870.
Une fois le conflit terminé, de nombreuses associations d’anciens zouaves sont créées au retour des soldats et des journaux liés à ces associations sont fondées. Des rassemblements et des réunions cherchent à perpétuer le souvenir des faits d’armes des combattants démobilisés tandis que plusieurs monuments en célèbrent l’héroïsme.
Un véritable imaginaire prend forme à la fin du XIX e siècle. Appartenant à cette internationale « blanche », d’essence contre-révolutionnaire, les anciens volontaires élaborent le mythe du croisé moderne, du martyre et du héros catholique. C’est ici l’imaginaire construit autour des zouaves pontificaux que ce livre se propose d’explorer. Il entend poser des jalons pour mieux comprendre la structuration des réseaux de zouaves, leur idéal de chrétienté, leur description d’un « croisé du Christ », leur identité comme groupe et leur quête de légitimité religieuse et sociale, voire politique.
Show Summary Details
Restricted access

Introduction

Extract



Bruno DUMONS ET Jean-Philippe WARREN

À l’heure où se tiennent en Europe et ailleurs de nombreuses commémorations sur le centenaire de la Grande Guerre, l’histoire de ce corps expéditionnaire qu’ont été les zouaves pontificaux, présente-t-elle un réel intérêt universitaire ?

On pourrait en douter tant un certain silence historiographique a entouré ce dossier pour ne pas parler d’un relatif mépris. En effet, l’histoire de ces volontaires engagés dans la défense des États pontificaux entre 1860 et 1870 n’a longtemps fait l’objet que de quelques pages dans les ouvrages d’histoire religieuse, politique et militaire consacrés à la disparition des territoires du Saint-Siège dans le cadre de l’unité italienne. Si Jean Maurain évoque ces « soldats du pape » dans sa thèse de 1930 portant sur la politique ecclésiastique du Second Empire, en abordant les aspects diplomatiques et militaires de la guerre d’Italie, le chanoine Aubert sera lui encore plus bref, une vingtaine d’années plus tard, dans son livre sur le pontificat de Pie IX1. Par la suite, la nouvelle histoire religieuse qui s’est développée à partir des années 1960, fortement cloisonnée en champs historiographiques nationaux, a été tout aussi muette sur le sujet. Un semblable constat peut être établi pour l’histoire politique et militaire, davantage soucieuse de victoires et de vainqueurs à la gloire de la République. Ces combattants venus pour beaucoup de la catholicité de l’Europe occidentale mais aussi des Amériques,...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.