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Penser les frontières européennes au XXIe siècle

Réflexion croisée des sciences sociales

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Bertrand Vayssière

La frontière n’est jamais innocente et elle n’est jamais (ou quasiment jamais) « naturelle ». C’est un artifice qui a d’abord servi à affermir une souveraineté, et donc un État, le plus souvent contre les autres : en ce sens, l’Europe est le plus couturé de tous les continents, suite à toute une histoire de négociations et surtout de guerres, à tel point que l’on peut évoquer une véritable fragmentation de notre espace, traversé aujourd’hui par environ 14 000 km de frontières. Comment ignorer cette réalité aujourd’hui que l’on « fait » l’Europe ?
La question n’était pas taboue tant qu’on ne parlait que de désarmement douanier, dont le but ultime était la création d’un Marché unique, mais maintenant que ces frontières sont censées ne plus exister entre les États de l’UE au profit d’une seule et même frontière commune qui doit nous définir par rapport au monde extérieur (et, suivant certains, nous protéger contre lui), quel constat s’impose, et surtout quelles propositions apporter ?
Des spécialistes des principales sciences sociales (droit, histoire, géographie, sociologie) tentent ici une réponse, en s’appuyant sur des cas d’étude particuliers, présents ou passés, et en s’aidant de leurs méthodes propres d’investigation.
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L’Union et son voisinage : Le cas de la Méditerranée

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L’Union et son voisinage Le cas de la Méditerranée

Philippe Dugot

Maître de conférences à l’Université Toulouse 2-Jean Jaurès

Penser les frontières européennes renvoie à des réalités polymorphes et multiscalaires. L’objectif est ici d’étudier une des frontières extérieures de l’Union européenne (UE), la Méditerranée. La problématique y est rendue spécifique par une césure économique, démographique et culturelle importante. Il ne s’agit ni d’entonner le chant du « choc des civilisations », ni d’emboîter le pas aux « méditerranéistes » par trop optimistes. La Méditerranée est prolixe des uns comme des autres. C’est d’ailleurs tout l’intérêt et la difficulté de la saisir. Pour un géographe, il est même curieux, voire déstabilisant, de vouloir questionner cet espace. Car en effet, dès lors que l’on considère la Méditerranée comme autre chose qu’une évidence maritime, elle a du mal à exister. Le chantier est en outre très vaste, impossible à embrasser dans son immense diversité. Cette hésitation méditerranéenne est en tous les cas un bon terrain d’analyse pour y tester le postulat suivant : la frontière n’est pas que l’expression de différences. Par son fonctionnement, les outils de contrôle mis en place, sa porosité plus ou moins grande, la symétrie ou l’asymétrie des relations, elle peut être un agent actif de production...

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