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Le cinéma de Marguerite Duras : l'autre scène du littéraire ?

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Edited By Caroline Proulx and Sylvano Santini

Si l’œuvre littéraire de Marguerite Duras jouit d’une renommée incontestable, ses réalisations cinématographiques, elles, représentent une part beaucoup moins commentée de sa création, part qui procède pourtant du même imaginaire de l’écrivaine qui est ici interrogé. Les articles réunis dans ce collectif partent donc tous de l’hypothèse que son cinéma réputé difficile, exigeant, abscons, dérangeant, révèle certains de ses secrets si l’on comprend qu’il agit comme autre scène du littéraire, entendue à la fois comme complément et négatif du texte. Permettant d’explorer un champ n’appartenant ni à la littérature, ni tout à fait au cinéma, il n’est plus question d’affirmer simplement la suprématie du texte sur l’image, de l’écriture sur le film, mais bien de voir comment c’est le principe même de la représentation qui fait l’objet de la démarche esthétique de Duras.
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De La nuit du chasseur à l’écran noir durassien

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Françoise BARBÉ-PETIT

UPMC/Sorbonne Universités

Maintenir l’écran le plus noir possible, prolonger la nuit, fût-ce celle du chasseur, pour ne pas brider l’imaginaire, ces choix constituent-ils l’impératif catégorique d’un cinéma conçu par Marguerite Duras comme autre scène possible du littéraire ? Par le biais d’un partage entre le réel et l’imaginaire, le nommer et le cacher, nous interrogerons ce cinéma si particulier qui tend à invisibiliser les corps au profit de l’émergence des voix, voix des disparus ou voix des absents. À ce titre, le film unique de Charles Laughton que Duras a commenté avec insistance peut-il éclairer sa fascination pour les nuits, celles de l’écran, celles de la perte du sens ou encore celles propices à l’émergence de l’irréel ? La nuit aurait-elle le pouvoir de magnifier les voix, de transformer l’écoute, de rendre visible l’invisible ? Si tel était le cas, les films qu’elle a aimés et qui l’ont marquée1 durablement, La nuit du chasseur2 de Laughton ou Ordet de Dreyer, pourraient constituer une propédeutique intéressante à la compréhension du cinéma durassien. Force est de constater que Duras, écrivaine ou cinéaste, a fait la part belle à la nuit, puisque dans certains de ses films, l’écran prend des couleurs nocturnes et que deux titres même rendent un hommage immédiat à la nuit, Le Navire night ou Nuit noire Calcutta. Toutefois ce dernier titre, en...

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