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Malaise dans la ville

Series:

Sylvie Freyermuth and Jean-François Bonnot

Malaise dans la ville s’inscrit dans la continuité de Ville infectée, ville déshumanisée, paru dans cette même collection. Tout en poursuivant l’entreprise pluridisciplinaire du premier ouvrage, le champ de réflexion a été élargi, de même que la période de référence. Le programme de recherche « Reconstructions littéraires françaises et francophones des espaces sociopolitiques, historiques et scientifiques » a donc réuni des écrivains, des philosophes, des sociologues et historiens, des urbanistes, des spécialistes de sciences cognitives et, bien entendu, de critique littéraire, s’intéressant au « mal de vivre » en milieu urbain. Le livre est organisé selon quatre axes : la première partie est consacrée à des regards croisés sur la pérennité du sentiment de malaise ; la seconde rend compte du malaise urbain au carrefour de la littérature, de l’urbanisme et de la sociologie ; la troisième aborde la question des interactions conflictuelles entre langue(s), géographie, genre, économie et religion. Enfin, la quatrième section, empruntant les chemins de la critique et de la création littéraires, s’attache à mettre en lumière le malaise citadin à travers l’art.
Ces études, conduites à travers les lieux et les époques – du Moyen Âge à la période la plus contemporaine –, apportent un éclairage original sur l’imaginaire urbain « dépressif » ou « mélancolique », et sur les modalités des redéfinitions identitaires, parfois drastiques, auxquelles sont soumis les individus. Elles montrent en outre que ces phénomènes ne sont en rien l’apanage d’une supposée postmodernité.
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Écrire le dedans du dehors

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« Écrire sur le dedans du dehors »

Nicole MALINCONI

Auteure

Nicole Malinconi, auteure d’origine italo-belge de langue française, déclare : « Jamais je n’invente et ne fais de ficion ». Elle écrit à partir du réel, elle met en mots « ce qui échappe, le plus prosaïque de nos existences, la vie des gens ». Nicole Malinconi a été rendue particulièrement sensible à la détresse humaine et à la douleur de l’isolement à travers l’exercice de son métier d’assistante sociale. À la maternité provinciale de Namur, elle intervient durant de nombreuses années dans le service d’un médecin, farouche défenseur de la dépénalisation de l’avortement. C’est de cette expérience que naît son premier livre Hôpital silence1 qui dit – sans autre dénonciation explicite que la froideur du récit des événements vécus et des mots entendus – la confiscation de la parole des patientes, leur infantilisation, leur désespoir face au dicsours d’autorité de bon nombre d’infirmières et médecins. Pour l’auteure, l’écriture est le moteur de sa pensée, elle capture le dehors dont la ville est une parfaite actualisation. « Écrire sur la ville, c’est écrire sur le dedans du dehors », dit-elle. Elle fixe dans ses textes ce qui est fugace, éphémère, ce qui raconte « des vies avec des histoires d’amour, des tourments, des enfants à élever, des problèmes de santé ». Pour elle, l’altérité est forte dans la ville qui, « avec son horizontalité, nivelle...

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