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Malaise dans la ville

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Edited By Sylvie Freyermuth and Jean-François Bonnot

Malaise dans la ville s’inscrit dans la continuité de Ville infectée, ville déshumanisée, paru dans cette même collection. Tout en poursuivant l’entreprise pluridisciplinaire du premier ouvrage, le champ de réflexion a été élargi, de même que la période de référence. Le programme de recherche « Reconstructions littéraires françaises et francophones des espaces sociopolitiques, historiques et scientifiques » a donc réuni des écrivains, des philosophes, des sociologues et historiens, des urbanistes, des spécialistes de sciences cognitives et, bien entendu, de critique littéraire, s’intéressant au « mal de vivre » en milieu urbain. Le livre est organisé selon quatre axes : la première partie est consacrée à des regards croisés sur la pérennité du sentiment de malaise ; la seconde rend compte du malaise urbain au carrefour de la littérature, de l’urbanisme et de la sociologie ; la troisième aborde la question des interactions conflictuelles entre langue(s), géographie, genre, économie et religion. Enfin, la quatrième section, empruntant les chemins de la critique et de la création littéraires, s’attache à mettre en lumière le malaise citadin à travers l’art.
Ces études, conduites à travers les lieux et les époques – du Moyen Âge à la période la plus contemporaine –, apportent un éclairage original sur l’imaginaire urbain « dépressif » ou « mélancolique », et sur les modalités des redéfinitions identitaires, parfois drastiques, auxquelles sont soumis les individus. Elles montrent en outre que ces phénomènes ne sont en rien l’apanage d’une supposée postmodernité.
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Giraudoux au chevet de la ville malade

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Cécile CHOMBARD GAUDIN

CNRS

En juin 1930, Jean Giraudoux effectue un court séjour à Berlin : il va signer un contrat pour une adaptation de Siegfried. Aucun commentaire ne peut être plus parlant que cet extrait écrit avec passion et colère.

Le mot banlieue, qui est le mot le plus prometteur et le plus allègrement riche de la langue allemande, est dans la nôtre le terme le plus terrible des vocabulaires de laideur et de deuils. Berlin était vaincu, ruiné, sans passé d’urbanisme, au milieu d’une lande et de marais. Paris était riche, victorieux ; […] Paris n’est plus qu’une sorte de piège […] ou la plus belle démonstration de congestion humaine. Pas un de ses organes qui ne soit déjà voué à l’atrophie. […] Les seuls espaces libres prévus y sont les cimetières. […] Honneur à la ville qui prévoit plus d’oxygène pour ses morts que pour ses enfants1.

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