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« Ce Salon à quoi tout se ramène »

Le Salon de peinture et de sculpture, 1791-1890

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Edited By James Kearns and Pierre Vaisse

Exposition organisée par l’État jusqu’en 1881, grande fête annuelle ou bisannuelle de l’art, le Salon de peinture et de sculpture domine la vie artistique à Paris tout au long du dix-neuvième siècle. Dans l’historiographie de la modernité artistique, cependant, le rôle de ce « Salon à quoi tout se ramène » (comme le disait Tabarant dans La Vie artistique au temps de Baudelaire) a trop souvent été réduit à celui du terrain de bataille où se sont confrontées « tradition académique » et « nouveauté révolutionnaire ». Les sept études que contient ce volume ont donc pour but de restituer au Salon sa véritable dimension historique en analysant des éléments essentiels de son organisation, son fonctionnement et sa finalité, dont : son emplacement (au Louvre jusqu’en 1848), ses artistes, ses visiteurs, sa rhétorique et son système de récompenses, pour terminer sur les raisons et les conséquences de son abandon par l’État.

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Un art de l’éreintement ADRIEN GOETZ 73

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Un art de l’éreintement ? ADRIEN GOETZ Tenter une brève histoire de l’éreintement critique au XIXe siècle, ce n’est pas seulement retracer les prétendus méfaits de ceux que Francis Haskell, qui s’y intéressa le premier, appela avec ironie « les ennemis de l’art moderne »,1 Albert Wolff en tête. La dramatisation, la mise en scène ultérieure, par les historiens de l’art, de l’éreintement dans la presse permet de transformer les artistes en maudits, de les faire accéder à une sorte de paradis critique où ils forment une ronde des élus – qui ont d’abord été tenus pour des réprouvés. La suite historique des grands éreintements pourrait servir à ponctuer le siècle, avec ses illustres victimes : Ingres, Gros, Manet, Monet… C’est oublier que l’éreintement ne touche pas que les maîtres, qu’il est d’abord le signe de l’esprit du critique, recherché par les plus fines plumes, et au prix d’un prévisible retournement, vite recherché par les artistes eux-mêmes. L’érein- tement est à l’évidence, aussi, une forme de baptême du feu. N’est-ce pas l’éreintement par Louis Leroy de l’exposition de 1874 qui, en lui donnant son nom, fonde le groupe des « impressionnistes » ? Contre cette idée, bien sûr, de tragiques exceptions : le suicide du baron Gros est ainsi attribué, par les journaux et le public artiste, à l’insuc- cès de son dernier tableau, Hercule et Diomède, en 1835 (Toulouse, Musée des Augustins). Charles...

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