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L’héroïne goncourtienne

Entre hystérie et dissidence

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Barbara Giraud

Grace à une approche socio-historique et littéraire, cette étude interdisciplinaire située à l’intersection des champs littéraire et médical, ouvre de nouvelles perspectives sur le discours tenu par la médecine du 19 e siècle à propos de la sexualité féminine, éclairant ainsi d’une lumière nouvelle le travail de deux auteurs majeurs de cette époque, les frères Goncourt. A travers une lecture foucaldienne de l’histoire de la sexualité et notamment de la sexualité féminine en tant que produit de constructions discursives, il a été possible d’étudier la manière dont les Goncourt ont utilisé leurs connaissances médicales pour exprimer, dans leurs romans, leur opinion sur la façon dont la société bourgeoise traite les problèmes d’« anormalité » et de rapport à autrui dans la deuxième moitié du 19 e siècle.
Par l’élaboration symptomatique de l’hystérie et de la névrose qui constitue la vie de leurs personnages féminins, ces auteurs conservateurs et misogynes semblent à première vue adhérer au discours de pouvoir mis en place par la médecine moderne.
Le résultat inattendu de l’étude approfondie de leurs textes met cependant en avant un paradoxe goncourtien non abordé jusqu’à présent : celui d’une fracture dans la représentation du discours médical logée au cœur même de leur écriture artiste, faisant ainsi de ce style l’outil de leur dissidence.

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Conclusion 203

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Conclusion Tout en étant les précurseurs du mouvement naturaliste avec Germinie Lacerteux (1865), les Goncourt font, dès le début de leur carrière, de « l’aus- cultation psychologique ».1 Ils se détachent très vite de tout ce qui se constitue en « école » afin de garder leur liberté de création et par désir de n’appartenir à aucune tendance littéraire qu’ils n’inventent pas.2 C’est grâce à une sensitivité exacerbée qu’ils écrivent comme ils le font et qu’ils parviennent à pénétrer les âmes qu’ils mettent en scène. Représenter la réalité est leur but mais « en la présentant quelques fois sous une certaine projection de jour qui la modifie, la poétise, la teinte de fantastique ».3 L’amalgame des deux techniques résulte en une écriture particulière, au cœur de laquelle se trouve le « style artiste ». C’est par ce style qu’ils trou- vent leur place, qualifiée, d’abord par leurs pairs et ensuite par les critiques de – marginale – dans le champ littéraire de la seconde moitié du 19e siècle et Jules en est conscient dès leurs débuts littéraires ainsi qu’il l’expose dans une lettre à Louis Passy le 29 septembre 1849: La poésie est une langue à part, une sorte d’idiome aristocratique […] La littérature est l’imitation de la nature. Ce n’est, je crois qu’un côté de la littérature. Car si l’écri- vain ne trouve pas en lui-même un type original, une...

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