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Être et avoir un corps

Corps quotidien, corps scénique

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Nadia Foisil

Cette recherche théorico-empirique désarticule le corps et l’étudie dans ses dimensions anthropologique, anatomophysiologique, neuroscientifique, scénique. Le jeu est dans la comédie sociale et le comédien le transporte sur la scène. Les rôles dépendent de la structure de la société, de la place de l’acteur et de son individualité. Ils évoluent selon des facteurs extérieurs et intérieurs à l’humain. Certains acteurs s’approprient plus facilement leur rôle que d’autres, épousent gestuelle et discours de chaque classe, abandonnent un costume pour en revêtir un autre. Le théâtre est le domaine qui érige ce jeu des rôles en profession. Dès lors, l’interrogation sur la latitude du comédien à jouer requiert une contextualisation et appelle la question de l’inné et de l’acquis. L’humain joue-t-il d’emblée ou apprend-il à jouer ? Dans quelle mesure le corps est-il un instrument expressif théâtral et social?

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Chapitre 6 : La Tête

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Au sommet de l’édifice corporel, la tête observe le monde et projette sur lui un vaste et complexe réseau de sens et de significations. Objet d’étude à la fois fascinant et difficile à appréhender du fait des interactions auxquelles elle prend part dans sa relation avec le reste du corps et dans l’espace, elle interroge les sciences et les arts. La pensée longtemps opposée au corps est aujourd’hui dans certaines approches anthropologiques, sociologiques et même neurologiques, abordée avec plus de circonspection au regard de cette dichotomie. Face à cette supériorité de la tête, qui s’étiole, d’autres interrogations se font jour. Raison et passion sont-elles opposables ? Le corps peut-il continuer à être considéré comme le serviteur de la pensée, comme un outil de second plan dans le rapport au monde ou bien est-il partenaire de la tête et acteur de l’action raisonnée et ressentie ? Au cours de l’évolution, la position de la tête autant que l’aptitude du cerveau à construire des raisonnements, visant à l’adaptation à l’environnement, se réalise de manière concomitante aux transformations de la structure fonctionnelle et organisationnelle du corps dans son entièreté. Le visage fait face au monde extérieur et diffuse un monde intérieur. L’anatomie humaine raconte une histoire viscérale et dans un jeu d’équilibre-déséquilibre défriche continuellement un terrain d’échange fragile et créatif. Sur la scène, motricité, intelligence et émotion développent...

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