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Le texte comme présence

Contribution à l’histoire de la réflexion sur le texte et le livre

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Juliusz Domański

Commençant par Homère et finissant avec les héritiers de l’humanisme de la Renaissance au XVIIe siècle, on suit ici les réflexions sur la puissance particulière des mots écrits, donc du texte. Grâce à sa puissance, il rend effectivement présents pour ses lecteurs tous ceux dont il parle, et qui sont, d'une façon ou d’une autre, absents, soit en raison de leur distance spatiale, soit à la suite de leur mort. De même il rend présent également son auteur. On esquisse ici la naissance de cette idée à l’époque de la littérature orale de la Grèce archaïque, ses métamorphoses dans la poésie et la prose grecques et latines de l’Antiquité, sa continuation au Moyen Âge, son sommet à la Renaissance, mais à la fois sa crise, commençant déjà à cette époque.

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IV – Quelques particularités de l’idée du texte comme présence dans la littérature romaine

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La conviction que l’écriture et le livre jouent un rôle particulièrement important dans la culture, a été universellement admise et exprimée déjà au début de l’époque hellénistique. Chez les auteurs romains elle s’est vue articulée de manière spécifique, non connue des Grecs, ou au moins non répandue chez eux. Voilà comment peut-on décrire la genèse et l’essence de cette variante romaine.

La mentalité originelle des Romains, assez grossière, puritaine et en même temps – chose typique pour les soldats et conquérants – inexorablement pragmatique, traitait avec réserve, voire hostilité, tous ces facteurs qui créent la culture la plus sophistiquée et contribuent à la production des œuvres d’art littéraires et intellectuelles. La xénophobie romaine fortifiait encore ces sentiments à partir du moment où les relations avec les Grecs sont devenues plus dynamiques. C’est ainsi que s’est formée chez les Romains des temps plus anciens la conviction que lire et écrire dans le but autotélique, ce sont des occupations indignes d’un soldat, d’un juriste ou d’un homme d’état romain.

Cependant ce phénomène qui, chez les Grecs, était lié au processus de la transition de l’oral à l’écrit, n’est pas apparu chez les Romains, et cela malgré la grande et évidente inspiration qu’ils puisaient dans la littérature grecque. Il semble que l’écriture et le livre (par opposition à la manière orale de...

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