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Justice, Droit et Justification

Perspectives transculturelles

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Edited By Jacques Poulain, Hans Jörg Sandkühler and Fathi Triki

Ce volume est consacré à une interrogation sur la signification des notions de « justice », « droit » et « justification » et à leur corrélation et contextualité culturelles. Étant donné que dans le monde dans lequel nous vivons, droit et justice ne coïncident pas a priori, l’énoncé « le droit se base sur la justice » serait donc un énoncé descriptif erroné. Les notions de « justice », de « droit » et de « justification » sont des éléments et fonctions de théorie normative. Ni l’idée de droit – la justice – ni le droit positif ne peuvent se comprendre comme une objectivité ontiquement « donnée » par la nature, par la raison ou par l’histoire, une objectivité que les sujets de droit n’auraient qu’à reconnaître. Le savoir et les actions morales s’élaborent dans les contextes du pluralisme des cultures épistémiques et des pratiques sociales. Les normes de conduite dérivent d’une multitude de versions culturelles du monde dans les contextes desquelles les perceptions du bien, de la justice, de l’acte juste, de la reconnaissance et de la réconciliation se différencient également. Le volume développe ces questions dans un esprit critique et dans la perspective transculturelle du dialogue arabo-allemand de l’UNESCO, auquel participent des spécialistes de l’épistémologie, de la philosophie politique, de l’histoire de la philosophie et des religions, notamment de l’Islam.

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Cyrille B. Koné Réconciliation, droit et justice 47

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47 Cyrille B. Koné Réconciliation, droit et justice 1. Enjeu et trajectoire d’un mot : la réconciliation Pour faire société et sortir de la misère de l’état de nature, les hommes orga- nisent la vie en mettant en place les institutions chargées de réguler les compor- tements individuels ainsi que les rapports interpersonnels. Les règles, les normes dont le respect produit la cohésion sociale sont à l’image de celles de la Nature (physis) sans toutefois être le fruit d’une génération spontanée. Généralement, elles adviennent de deux manières. Premièrement, selon la vision protagoréenne, elles sont le produit du consensus, de la délibération commune, de l’accord des hommes. Elles maintiennent la société en ce qu’elles assurent l’intérêt général. L’état social correspondant à la situation décrite est l’état du gouvernement démocratique dans lequel la vie sociale est fondée sur le droit juste. Deuxième- ment, selon l’école caliclésienne, elles sont l’expression de la volonté du plus fort, du groupe le plus puissant. Quand bien même les lois parviennent ici à maintenir une forme de vie sociale, il n’en demeure pas moins vrai qu’elles assu- rent principalement des intérêts particuliers. Les rapports entre les individus sont sous le mode du rapport de force permanent afin de dominer l’autre, de lui impo- ser la règle inique. La violence est donc aux aguets. L’escalade est...

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