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Les réseaux du fer

Information, renseignement économique et sidérurgie luxembourgeoise entre France, Belgique et Allemagne 1911–1940

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Gérald Arboit

Quel est le rôle de l’information dans l’activité économique ? Question fondamentale à la base de l’intelligence économique, elle est trop souvent négligée par les opérateurs. Elle guida les choix d’Emile Mayrisch à chaque étape de l’histoire de l’Arbed. Depuis la création de cette entreprise sidérurgique (1911) jusqu’à son avènement comme une industrie mondiale, dans l’entre-deux-guerres, ces choix stratégiques fondés sur l’information ont également eu des conséquences sur la structure économique luxembourgeoise. Ces mutations attirèrent l’attention de la Belgique et de la France, vainqueurs (1918) d’une Allemagne qui ne comprit jamais le Luxembourg. Si la dynamique de Mayrisch ne s’émoussa pas après sa disparition, ses successeurs furent moins habiles à manier l’information.
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Chapitre 9 Face aux crises économiques de l’entre-deux-guerres

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Les années 1925–1926 représentèrent un tournant dans l’histoire de la sidérurgie luxembourgeoise, sinon européenne. La presse le reconnut volontiers puisque, le 23 décembre 1925, pour L’Echo de la Bourse, « il ne[était] pas exagéré de dire que l’Arbed représent[ait] un des plus puissants trusts européens de valeurs industrielles ». Emile Mayrisch en était la personnalité tutélaire. En contact avec le politicien français Louis Loucheur et dans les enceintes de la Société des Nations, il participa au développement d’une nouvelle diplomatie, industrielle celle-là, qui échappait largement aux praticiens traditionnels de la représentation étrangère1. Elle laissa tout aussi peu de place aux médias, dont l’accès leur était fermé par ces nouvelles élites productrices de nouvelles. De ce point de vue, les conditions de la divulgation du « protocole de Paris » dans Le Temps du 27 janvier 1925 furent édifiantes. Conclu le 18 décembre précédent, en marge de négociations franco-allemandes marquant le pas, par les représentants de la Rohsahlgemeinschaft et de l’industrie transformatrice allemande, ce document avalisait la dépendance de la sidérurgie du Reich envers les approvisionnements en fonte et en minerais de l’ancien Südwestliche Gruppe2. Cette position tranchait avec la position officielle affichée par les mêmes face aux Français. Moins d’une semaine plus tard, Georg Zapf et Karl Heimann-Kreuser en informèrent ← 315 | 316 → leur ami luxembourgeois3. Ce dernier fit alors passer...

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