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Le défi de la forme dans les nouvelles de Pierre Mertens

Une esthétique du genre narratif et une herméneutique existentielle

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Julie Hahn

Cette thèse a pour objet l’étude des recueils de nouvelles de Pierre Mertens, écrivain belge, dont l’œuvre s’inscrit dans la littérature-monde en français. Dans l’hypothèse avancée, il s’agit de démontrer que, bien que l’intrigue s’estompe, de multiples réalités sont représentées. Celles-ci se rattachent à l’originel et à la vie au 20e siècle, les fragments rassemblés reconstruisent le monde et visent sa totalité. Les domaines de la poétique de la nouvelle et une distinction narratologique (dits et non-dits) forment la charpente de la table des matières, les philosophies de l’existence soutiennent l’herméneutique existentielle. La découverte des structures complémentaires et des contenus témoignent du dialogue étroit entre les nouvelles qui sont à l’image de la valise à double fond.
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I. L’énoncé en contextes : Multiplicité

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« [La multiplicité] Continue, hétérogène, ne pouvant se diviser sans changer de nature […] Elle désigne une variété de dimensions qui ne cesse de changer l’ordre de ses rapports à chaque échelle considérée. Elle est un dynamisme vital concernant une vie non-organique […] »110

Le premier contexte se rattache à une controverse terminologique née dans la seconde moitié du 20e siècle entre l’usage des termes « modernité » et « postmodernité ». Afin de mieux les cerner, un détour étymologique à partir de l’adjectif « moderne » s’impose et, ce faisant, nous constatons rapidement l’emploi plurivoque de cet adjectif emprunté dans de nombreux domaines. Afin de ne pas perdre nos objectifs littéraires de vue, nous nous contentons de deux remarques qui montrent l’ambivalence des termes « moderne » et « modernité ». En considérant un premier sens très général et hors contextes, nous pouvons affirmer que toute innovation, tout changement par rapport au passé récent peut être qualifié de « moderne » étant donné qu’il y a une forme de rupture. En histoire, nous associons « modernité » aux « Temps modernes » qui coïncident avec l’événement historique que constitue la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453, date de référence marquant le début de la Renaissance.

En tenant compte des inscriptions du mot « moderne », porteuses de sens dans l’Histoire de la littérature française, nous notons premièrement l’image célèbre attribuée à Bernard de Chartres : « Nous sommes semblables à des...

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