Show Less
Restricted access

La question de l’auteur en littératures africaines

Actes du 14e Congrès de l’APELA à Aix-la-Chapelle, 22 au 24 septembre 2011

Series:

Edited By Anne Begenat-Neuschäfer and Catherine Mazauric

Le 14 e Congrès de l’Association pour l’étude des littératures africaines (APELA) entendait poser la question de l’auteur dans le champ spécifique des littératures africaines (domaines francophone et lusophone notamment). Après la question de l’« invention » de l’auteur africain, des raisons et des opérations qui la rendraient possible, il convient en effet de se pencher sur les instances de légitimation de l’auteur africain et de son œuvre : outre les éditeurs du « centre », les collections patrimoniales, les prix littéraires, les festivals, salons et rencontres littéraires, la critique littéraire, les médias audio-visuels et jusqu’aux réseaux sociaux jouent aujourd’hui un rôle dans la « fabrique » de l’auteur reconnu. Les contributions réunies ici examinent enfin la négociation, dans le contexte africain, entre les figures et postures d’auteur et l’insistante question de l’oralité anonyme et collective.
Show Summary Details
Restricted access

Comment être « un auteur classique » lorsqu’on est écrivain camerounais ?

Extract

| 139 →

Marie-Rose ABOMO-MAURIN

Université Yaoundé I

Comment être « un auteur classique » lorsqu’on est écrivain camerounais ?

Abstract The concept of “classic author” seems rather delicate to imbed in the world of African literatures, especially Cameroonian literature, because these literatures are young and have been ignored until put down in writing during the colonial era. ­African literatures have still a long way to go before they get recognized worldwide. Their legitimacy is established through the combined efforts of publishers, critics, universities, school programs and awards – this is the way Cameroonian classics are being born and confirmed.

La notion d’« auteur classique », au sujet de la jeune littérature africaine et camerounaise, mérite un grand intérêt. En effet, si la critique moderne vise « à placer l’écrivain comme une structure vide, une parole, un son sans aucun sens »1, si Roland Barthes2 ou Michel Foucault3 insistent sur la crise du concept d’auteur en déniant à celui-ci la paternité du sens de son œuvre, la littérature africaine peut-elle, à l’heure où elle commence à confirmer son autonomie, s’inscrire dans un tel projet, elle dont les auteurs sont des porte-parole, une manifestation physique d’un engagement dans le champ africain ?

Les premiers écrivains camerounais, comme tous ceux des pays colonisés, se sont initiés à une forme d’écriture « classique », dans les règles de l’art des maîtres, imitant et copiant à la fois leur style et certaines de leurs images. Progressivement cependant,...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.