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La question de l’auteur en littératures africaines

Actes du 14e Congrès de l’APELA à Aix-la-Chapelle, 22 au 24 septembre 2011

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Edited By Anne Begenat-Neuschäfer and Catherine Mazauric

Le 14 e Congrès de l’Association pour l’étude des littératures africaines (APELA) entendait poser la question de l’auteur dans le champ spécifique des littératures africaines (domaines francophone et lusophone notamment). Après la question de l’« invention » de l’auteur africain, des raisons et des opérations qui la rendraient possible, il convient en effet de se pencher sur les instances de légitimation de l’auteur africain et de son œuvre : outre les éditeurs du « centre », les collections patrimoniales, les prix littéraires, les festivals, salons et rencontres littéraires, la critique littéraire, les médias audio-visuels et jusqu’aux réseaux sociaux jouent aujourd’hui un rôle dans la « fabrique » de l’auteur reconnu. Les contributions réunies ici examinent enfin la négociation, dans le contexte africain, entre les figures et postures d’auteur et l’insistante question de l’oralité anonyme et collective.
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Conte ou mécompte d’auteur ? Birago Diop et Blaise Cendrars

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Christine LE QUELLEC COTTIER

Université de Lausanne

Conte ou mécompte d’auteur ? Birago Diop et Blaise Cendrars

Abstract By associating Birago Diop and Blaise Cendrars in a probably surprising way, this paper examines the relationship between author-text and Europe-Africa: it is not the personality of the authors Cendrars and Diop that supports the anthologies of tales but the collections themselves ensure their existence as writers by playing with affiliations and intentionalities.

Les textes sans auteur inventent leur auteur, inventent une figure qui peut les assumer, qui peut en prendre, même fictivement, la responsabilité.

Alain Brunn1

Cette capacité du texte à constituer la figure de l’auteur, à l’« incarner » telle une projection, pour reprendre les termes proposés par Foucault2, m’intéresse pour évoquer le lien de cette fonction avec des textes considérés comme « non assignables », tels les contes de la tradition orale proposés par deux écrivains aux parcours et intentions fort divergents. Il s’agit du Sénégalais Birago Diop qui publia en 1947 Les Contes d’Amadou Koumba, puis en 1958 Les nouveaux Contes d’Amadou Koumba3, et de Blaise Cendrars, écrivain d’origine suisse dont l’Anthologie nègre4 parut en 1921, suivie en 1928 de Petits contes nègres pour les enfants des Blancs5. Mon propos va comparer leurs publications et leurs intentionnalités, parce qu’il me semble qu’à une époque où l’autorité de l’auteur était ← 185 | 186 → encore très forte, où celui-ci...

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