Show Less
Restricted access

Réconciliation ou reconnaissance ?

Essais sur la dynamique d’entente durable

Series:

Cyrille B. Koné

La paix et l’entente durable dans la famille, dans la cité supposent fondamentalement la reconnaissance qui consiste en un sens à retrouver une sorte de cohésion principielle. Les textes rassemblés envisagent la reconnaissance comme un acte mettant en avant le mouvement vers autrui ou avec l’autre. En tant qu’elle est fondée sur l’interaction des femmes et des hommes comme sujet de droit, la reconnaissance sous-tend la réconciliation, son horizon car celle-ci est une opération de restauration du lien social abîmé. Comment la réconciliation arrive-t-elle à s’inscrire d’une manière naturelle dans un espace politique conçu fondamentalement comme guerrier ? Est-ce par hapax historique, par aberration conceptuelle, par invention d’un nouveau possible ou par redécouverte de possibles anciens – songeons à la palabre (Bidima) ? De nouvelles lectures s’ouvrent ainsi aux divers problèmes qui sont l’ordinaire du politique : violence et pouvoir, morale et pratique politique, humanisme et politique, pauvreté et démocratie, pauvreté et violence, projet de paix perpétuelle, etc.
Show Summary Details
Restricted access

Section 5 : Confiance et vivre ensemble

Extract



Tanella Boni

La scène politique que je voudrais penser est celle de la Côte d’Ivoire au présent. Sur cette scène, on pourrait imaginer des acteurs porteurs de masque et la présence d’un chœur comme dans une tragédie grecque du 5ème siècle avant Jésus – Christ. Sur les gradins, le public est touché par la tragédie qui se déroule sous ses yeux. Chaque spectateur vit la représentation dans sa peau et se demande s’il s’agit d’un mythe ou d’une histoire vraie qu’il vit en temps réel. Seulement, personne ne peut voir les visages des porteurs de masque. On entend les chants repris par le chœur situé au premier rang. On écoute des discours dit par des personnages masqués. Tout compte fait, qui est qui dans cette ambiance d’hypocrisie généralisée ? Cette allusion à la tragédie grecque nous permet d’entrer de plain pied dans une ambiance que je nomme « hypocrisie » au sens propre de l’art de donner une réplique parce qu’on sait bien jouer son rôle d’acteur. En effet, le porteur de masque ne s’occupe pas de savoir si son discours est vrai ou faux. Tout se passe comme s’il y avait une mise en scène renouvelée allant de dissimulation en dissimulation pendant que la méfiance règne entre deux puis trois protagonistes. Or, comme dit Georg Simmel : « Savoir à qui l’on a à faire, est la condition...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.