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Réconciliation ou reconnaissance ?

Essais sur la dynamique d’entente durable

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Cyrille B. Koné

La paix et l’entente durable dans la famille, dans la cité supposent fondamentalement la reconnaissance qui consiste en un sens à retrouver une sorte de cohésion principielle. Les textes rassemblés envisagent la reconnaissance comme un acte mettant en avant le mouvement vers autrui ou avec l’autre. En tant qu’elle est fondée sur l’interaction des femmes et des hommes comme sujet de droit, la reconnaissance sous-tend la réconciliation, son horizon car celle-ci est une opération de restauration du lien social abîmé. Comment la réconciliation arrive-t-elle à s’inscrire d’une manière naturelle dans un espace politique conçu fondamentalement comme guerrier ? Est-ce par hapax historique, par aberration conceptuelle, par invention d’un nouveau possible ou par redécouverte de possibles anciens – songeons à la palabre (Bidima) ? De nouvelles lectures s’ouvrent ainsi aux divers problèmes qui sont l’ordinaire du politique : violence et pouvoir, morale et pratique politique, humanisme et politique, pauvreté et démocratie, pauvreté et violence, projet de paix perpétuelle, etc.
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Section 10 : La propension à pardonner au Burkina Faso

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Donatien Dahourou

De 1966, année du soulèvement populaire qui a entraîné la chute du premier président voltaïque, à nos jours, beaucoup de violences ont émaillé la scène politique au Burkina Faso. Sans être exhaustif, nous pouvons citer entre autres les multiples coups d’État avec les règlements de comptes qui aboutiront à différents assassinats d’hommes politiques, de civils innocents et de militaires sans oublier les sanctions dont ont été victime beaucoup de travailleurs. Cette tendance va s’accélérer à la fin des années 1980 et persistera jusqu’à la fin des années 1990. En effet durant ces dix années le Burkina Faso a connu les pires moments de sa vie politique tant les coups d’État se sont multipliés avec leurs lots de morts donc de tristesse et de frustrations. Cependant l’avènement du processus démocratique va freiner cette augmentation des assassinats mais beaucoup de burkinabé déjà meurtris dans leur chair continueront à subir des violences ayant plus ou moins trait à la politique. Pour remédier à cette situation une Journée Nationale du Pardon sera organisée en mars 2000. Au cours de cette journée le Président du Faso a officiellement demandé pardon pour les crimes de sang et les humiliations que les Burkinabè ont subi. Le but premier de ce pardon était de permettre aux Burkinabè d’effacer le passé, afin de permettre aux politiques de se réconcilier avec le peuple et encourager...

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