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Réconciliation ou reconnaissance ?

Essais sur la dynamique d’entente durable

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Edited By Cyrille B. Koné

La paix et l’entente durable dans la famille, dans la cité supposent fondamentalement la reconnaissance qui consiste en un sens à retrouver une sorte de cohésion principielle. Les textes rassemblés envisagent la reconnaissance comme un acte mettant en avant le mouvement vers autrui ou avec l’autre. En tant qu’elle est fondée sur l’interaction des femmes et des hommes comme sujet de droit, la reconnaissance sous-tend la réconciliation, son horizon car celle-ci est une opération de restauration du lien social abîmé. Comment la réconciliation arrive-t-elle à s’inscrire d’une manière naturelle dans un espace politique conçu fondamentalement comme guerrier ? Est-ce par hapax historique, par aberration conceptuelle, par invention d’un nouveau possible ou par redécouverte de possibles anciens – songeons à la palabre (Bidima) ? De nouvelles lectures s’ouvrent ainsi aux divers problèmes qui sont l’ordinaire du politique : violence et pouvoir, morale et pratique politique, humanisme et politique, pauvreté et démocratie, pauvreté et violence, projet de paix perpétuelle, etc.
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Section 13 : Conflits et médiations au sein de la Ummah du Burkina Faso

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Issa Cissé

Introduction

La colonisation a été une période importante dans le processus d’islamisation des entités qui ont constitué la colonie de Haute-Volta rebaptisée Burkina Faso au cours de l’indépendance. À défaut de données statistiques sur le début de la colonisation, retenons que les estimations les plus courantes donnent 10% environ de musulmans en 1950 et 20% en 1960. Cela indique l’amorce d’une véritable islamisation récente du Burkina Faso. Au début de l’indépendance, les musulmans se sont organisés pour défendre la cause de l’islam à travers le mouvement associatif.

L’évolution de ce mouvement associatif a rencontré beaucoup de difficultés qui ont contribué à faire naître des conflits multiples dans les rangs des musulmans. En outre, l’État postcolonial burkinabè, un modèle de cadre de vie commune d’une diversité de populations a été importé par le biais de la colonisation. Soulignons que la spécificité de l’existence d’une population musulmane n’a pas été prise en compte dans le mode de gestion de l’État postcolonial. L’évolution du pouvoir colonial avait pourtant nécessité la mise en place d’un dispositif administratif particulier pour faire face à l’islam selon les intérêts de la métropole française à l’époque. La nature de la gestion de l’État postcolonial a eu parfois des répercussions négatives sur la cohésion des musulmans dont le nombre n’a cessé de cro...

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