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Lieux de vie, lieux de sens

Le couple lieu / identité dans le roman belge contemporain- Rolin-Harpman-Feyder-Lalande-Lamarche-Deltenre

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Judyta Zbierska-Moscicka

Perçue comme un « entre-deux » ou un « carrefour », la Belgique se définit volontiers en termes spatiaux. L’idée d’enracinement lui est chère au même degré que celle d’errance. La littérature thématise cette oscillation entre le dedans et le dehors en recourant à une imagerie complexe, tributaire de la sensibilité de chaque auteur, ainsi que des circonstances historiques et sociales qui le concernent. La période examinée (1960-2012), correspond, dans les représentations romanesques, à un démantèlement progressif de l’objet « maison », processus qui fait écho à des mutations profondes relatives aux phénomènes sociaux liés à l’évolution du sentiment identitaire. L’analyse thématique renouvelée par les apports de la sociologie de l’individu fournit un éclairage nouveau sur les œuvres étudiées.
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Chapitre 5. Caroline Lamarche : transgressions, déplacements

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La nuit, l’après-midi (1995) et Le jour du chien (1996), œuvres avec lesquelles Caroline Lamarche débute et se signale d’emblée comme un écrivain audacieux et sans compromis, comportent certains traits que l’on voudrait traiter comme programmatiques pour l’œuvre à venir. Se laisse voir d’abord la dimension initiatique des parcours des protagonistes lamarchiens. Le dernier roman, La chienne de Naha, le dit, on l’a vu, explicitement au travers de ce conte qui donne son titre au roman, mais le caractère de quête ainsi que l’évolution du personnage sur un chemin de douleur et de sacrifice qui le mène, ou le rapproche pour le moins, à lui-même, apparaît déjà dans le tout premier texte de Lamarche, La nuit, l’après-midi. Rappelons qu’il s’agit, dans ce roman des plus audacieux, de l’histoire d’une femme qui n’ayant gardé de son enfance aucun souvenir ni du corps d’elle-même ni de celui de sa mère, décide de le reconstruire dans sa conscience à travers le corps des hommes. Elle répond à une annonce où « l’homme roux » l’invite à des jeux sadomasochistes. Le récit n’épargne au lecteur rien de cette aventure initiatique au cours de laquelle, par l’entremise de la violence masculine qu’elle accepte et accueille en toute lucidité, la femme explore sa propre intimité, son propre corps jusqu’à « par le biais même du sang […] revivr[e] son propre accouchement pour une nouvelle naissance »483. L’on ne manquera pas de remarquer, apr...

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