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L'invention du geste amoureux

Anthropologie de la séduction dans les arts visuels de l’Antiquité à nos jours

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Edited By Valérie Boudier, Giovanni Careri and Elinor Myara Kelif

Les traités de manières et les traités artistiques, de même que le discours amoureux dans le domaine littéraire, se sont donnés la tâche de définir, voire de codifier, la gestuelle amoureuse et établissent notamment des relations entre le domaine artistique, littéraire et la vie sociale. Par rapport au « geste écrit », le « geste en image » se manifeste sous une forme plus ambiguë et laisse transparaître, souvent, des rapports de réciprocité, de domination, d’assujettissement ou d’inversion des rôles d’autant plus lorsqu’il traduit le sentiment amoureux.

Cet ouvrage rassemble des communications, interventions et réflexions menées à l’occasion d’un colloque consacré à L’invention du Geste Amoureux à la Renaissance ainsi que d’une série de workshops portant sur le même thème pour différentes périodes chronologiques. Quels que soient la période traitée et le support de la représentation, la gestuelle est entendue, au sens large, à la fois en tant que gestes et attitudes corporelles. Il ne s’agit pas simplement d’un geste intentionné mais également d’une posture du corps, celle-ci intervenant soit de façon suffisamment régulière pour être identifiée à un « topos », soit au contraire de manière si exceptionnelle qu’elle mérite qu’on s’y attarde. Les analyses exemplaires réunies dans ce livre abordent, enfin, les questions de la migration de gestes entre le champ du rituel et celui de l’art, entre le registre du sacré et celui du profane ainsi que les transferts trans-chronologique ou trans-géographique. Elles proposent une étude des postures, attitudes, gestes et expressions qui « disent » l’amour dans les arts visuels.

Valérie Boudier est maîtresse de conférences à l’Université de Lille. Après la publication de La cuisine du peintre (2010), elle co-édite Le banquet de la Renaissance (2014). Ses recherches portent sur l’image des gestes à table ou en cuisine et sur la nature morte alimentaire de la Renaissance à nos jours.

Giovanni Careri est directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’Université IUAV de Venise. Ses recherches portent principalement sur des objets singulièrement complexes impliquant une approche théorique, historique, anthropologique et sémiotique : dernière parution : Caravage. La peinture en ses miroirs (2015).

Après une these publié chez Brepols sur L’imaginaire de l’âge d’or à la Renaissance, Elinor Myara Kelif s’intéresse dans ses travaux la question du geste ainsi qu’à la matérialité des objets peints, notamment à travers l’étude de la peinture sur cuivre en Europe au XVIe et XVIIe siècles.