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Le procès de Jésus

Autonomie judiciaire du peuple juif et juridiction pénale du pouvoir romain

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Adalberto Giovannini

Ce livre porte sur la question toujours controversée de la responsabilité de ceux qui ont condamné Jésus : les Juifs ont-ils livré Jésus à Pilate parce que les Romains leur auraient enlevé la compétence de prononcer et d’exécuter la peine de mort ? ou les Romains ne leur auraient-ils pas enlevé cette compétence et auraient-ils livré Jésus à Pilate pour d’autres raisons ? Ce problème relève du droit constitutionnel lié à l’organisation de l’Empire romain et au statut du peuple juif ; la question est examinée ici sur le plan strictement institutionnel et juridique. Dans les Actes des apôtres et chez Flavius Josèphe, pour des délits contre la loi juive, le Sanhédrin a pu juger et le cas échéant condamner à la peine de mort les accusés sans devoir en demander l’autorisation au gouverneur romain. Inversement, le gouverneur a pu refuser d’intervenir dans des différends qui relevaient de la loi juive. On sait aussi par les Digestes et par d’autres sources romaines que, dans leur juridiction, les gouverneurs de province n’intervenaient normalement que dans les affaires qui impliquaient des citoyens romains ; il existait une tendance à laisser les non-citoyens régler leurs affaires selon leurs lois, même quand il s’agissait de délits passibles de la peine de mort. On sait enfin, par ces mêmes sources romaines, que dans l’Empire romain les Juifs de la Diaspora ont eu, jusqu’à la christianisation de l’Empire, le pouvoir de condamner à mort ceux de leurs coreligionnaires qui violaient la loi juive, en particulier les femmes adultères et les apostats. On comprend mieux la réticence de Ponce Pilate à condamner Jésus.

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